Les datarooms électroniques tissent leur toile

le 28/02/2013 L'AGEFI Hebdo

La préparation dématérialisée des fusions-acquisitions ou des introductions en Bourse gagne du terrain tant la technique offre de souplesse aux acteurs.

Oubliée la gestion complexe des datarooms physiques où toutes les parties prenantes à une introduction en Bourse ou à une opération de fusion-acquisition devaient se succéder dans une salle sans se croiser… Aujourd'hui, pour consulter tous les documents nécessaires à la préparation d'une transaction, il suffit le plus souvent de s’identifier via un login et un mot de passe sur une plate-forme web sécurisée, accessible 24 heures sur 24, et depuis n'importe quel endroit du monde. L’apparition des datarooms électroniques au début des années 2000 a profondément changé la donne. « Grâce à cette virtualisation, les 'datarooms' électroniques ont permis de fluidifier la communication entre vendeurs et acheteurs et de réduire significativement les phases de 'due diligence', notamment à l’international », souligne Alex Poli, directeur général d'Imprima, la société qui commercialise la solution iRooms. Pour garantir la confidentialité des données, les solutions du marché offrent une grande souplesse en matière de gestion des permissions, qui peuvent aller de la simple consultation jusqu'au téléchargement des documents, une fois que l’accord de confidentialité a été signé.

Les datarooms se signalent aussi par leurs arborescences qui permettent d’organiser efficacement des données pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de pages. « Il faut aussi un outil puissant de gestion des questions et réponses, ainsi qu’un moteur de recherche performant pour que les utilisateurs accèdent facilement aux informations et échangent avec leurs contreparties directement via la 'dataroom' », complète Alex Poli. Côté administrateur, les datarooms électroniques produisent des données de reporting précieuses. « Grâce aux statistiques de consultation, vous pouvez identifier les acheteurs les plus intéressés, savoir quels documents ils ont lu… », explique Alex Poli. Une attention toute particulière est également portée à la sécurité en matière d’hébergement des données et de manipulation des données confidentielles. « L’ensemble de nos process et de nos 'datacenters' sont certifiés ISO 27001 et 9001, avec des sauvegardes automatiques pour garantir une continuité d'activité en cas de désastre », précise Alex Poli.

Cap sur de nouveaux marchés

C’est avec tous ces arguments que des acteurs comme Imprima, Merrill Corp ou Intralinks ont conquis le marché des introductions en Bourse et fusions-acquisitions. Mais de nouveaux acteurs se laissent aussi séduire. Foncière des Régions vient ainsi d’investir dans la solution EverSuite pour mettre à la disposition des éventuels acquéreurs d'un bien immobilier et de leur conseillers tous les documents nécessaires. Initié dans le cadre d'un projet global de dématérialisation de l'ensemble des documents du groupe, ce recours aux datarooms électroniques aura plusieurs vertus pour Marjolaine Alquier, directrice de l'audit et du contrôle interne de Foncière des Régions. « Comme nous avons au préalable identifié et numérisé tous les documents types qu'un acquéreur doit pouvoir consulter, le jour où un gérant mettra en vente un immeuble, un simple clic suffira pour que cet actif entre en 'dataroom' et que tous ces documents deviennent consultables. Nos 'asset managers' pourront ainsi se montrer plus proactifs dans la préparation des transactions puisqu'ils sauront en permanence s'il manque des documents pour qu'un immeuble entre en 'dataroom'. »

Secondarynet, la plate-forme d’échanges en private equity éditée par Secondcap, utilise elle aussi les datarooms électroniques lors de chaque transaction. « Mais contrairement à la plupart des acteurs, nous n'avons pas retenu une solution du marché, confie François Gamblin, CEO (chief executive officer) de Secondcap. Nous avons préféré développer notre propre outil afin d’avoir une interface de 'datarooms' totalement intégrée à notre site transactionnel. Grâce à cette stratégie, nos acheteurs n’ont pas besoin d'aller sur un autre site où on leur demande d’entrer un second login et mot de passe. » Ce choix du développement en interne assure aussi aux vendeurs de substantielles économies. « Lorsque nous avons étudié ce marché, nous nous sommes aperçus que certains éditeurs imposaient une tarification au clic qui pouvait finalement représenter des sommes assez substantielles. Chez nous, ce service est intégré à la prestation, il n'y a aucun coût complémentaire », conclut François Gamblin.

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