Dans la peau d’un investisseur

le 14/02/2013 L'AGEFI Hebdo

« Deux impératifs guident nos investissements dans ce type d’émission : bien comprendre les sociétés auxquelles nous prêtons de l’argent et obtenir une rémunération suffisante, explique Marcel Kahn, directeur financier et directeur général de la MACSF. Nos analystes crédit (au nombre de trois, NDLR) doivent se forger une conviction tant sur la qualité de l’émetteur que du coût de l’opération» Cette mutuelle avec 20 milliards d’euros d’actifs sous gestion, dont une grande partie en assurance-vie avec un taux de rendement de 3,5 % net en 2012, n’a pas investi dans une équipe spécialisée comme ont pu le faire des acteurs plus gros et n’a pas non plus bouleversé son mode de fonctionnement. « Il est vrai que les risques inhérents aux placements privés ne sont pas les mêmes que pour des obligations publiques », souligne Eric Dubos, responsable crédit chez MACSF. Pour compenser, la mutuelle s’est néanmoins fixé des critères d’investissement en termes de taille des souches (pas moins de 100 millions d’euros) et surtout de communication et de visibilité des émetteurs. « Nous privilégions les sociétés cotées ou présentes sur le marché des TCN (titres de créances négociables, NDLR) parce qu’elles sont obligées de publier leurs chiffres, et demandons à rencontrer régulièrement les dirigeants des émetteurs », poursuit-il. Pour le reste, l’analyse crédit reste la même que pour un autre émetteur (investment grade ou high yield). Cette politique d’investissement restrictive explique pourquoi la MACSF a participé à assez peu d’opérations (Bonduelle, Plastic Omnium, Bolloré et Financière Agache pour 100 millions d’euros). « Nous n’avons pas investi dans certains dossiers car le niveau de rémunération n’était pas suffisant », indique Marcel Kahn, évoquant les émissions les plus récentes.

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