Dans les méandres de Solvabilité II

le 01/11/2012 L'AGEFI Hebdo

La nouvelle réglementation prudentielle Solvabilité II, qui doit entrer en vigueur en 2015, prend en considération les différents risques de marché, au passif comme à l’actif des bilans des assureurs. « Schématiquement, il faut regarder à quels types de risques chaque actif est sensible, décrit Gildas Robert, senior manager chez Optimind Winter. Les différents ‘chocs’ sont ensuite appliqués à l’actif et au passif. » Le SCR (Solvency Capital Requirement), c’est-à-dire le capital économique dont a besoin l’assureur pour limiter le risque de défaut, devra être supérieur à 100 % des fonds propres. Il existe aujourd’hui sept types de stress de marché (taux, crédit, action, devise, immobilier, concentration, illiquidité), appliqués en fonction de chaque classe d’actifs. Pour les actions en zone euro, par exemple, le « choc » principal est le SCR action (voir le graphique). Pour ce qui concerne les obligations, et par extension les prêts, l’assureur va prendre en compte les risques de taux, de spreads, de devise et de concentration. Dans les travaux d’évaluation réalisés sur les prêts par les équipes de BNP Paribas IP, les risques de taux (ces prêts sont basés sur des taux variables courts), de change (zone euro ou couvertures) et de concentration sont marginaux. Reste donc le risque de spreads. Lorsque le prêt est noté, il suffit de prendre la matrice de « chocs » donnée par le modèle standard tel que décrit dans les études d’impact QIS 5. La hausse du spread va dépendre de la notation (plus celle-ci sera basse plus le « choc » sera élevé) et de la duration. Lorsqu’il n’y a pas de notation, ce qui est courant en Europe, la directive prévoit un traitement intermédiaire. On considère ces émetteurs entre les notes « BBB- » et « BB+ ». Un « choc » de 3 % (ou 300 points de base) a été pris en compte sur ce risque de crédit. Une fois tous les SCR calculés, ces derniers sont agrégés plus finement via une matrice de corrélation, partant du principe que le « pire » ne peut arriver sur tous les « chocs » en même temps. A noter que le calcul de base ne prend pas en compte le taux de défaut, ni le rang de séniorité.

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