L’avis de... Philippe Poletti, managing director chez Axa Private Equity

« La création de valeur passe par des projets transformants »

le 28/04/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment évolue le LBO (leveraged buy-out) ?

Avec des marchés plus volatils, un nombre d’opportunités réduit par la sélectivité des banques, et l’émergence de boutiques qui travaillent en amont, les processus sont plus courts, moins organisés en enchères. Nous tentons de préempter les deals par une connaissance du management ou du secteur, comme sur Novacap dans la chimie de spécialités, et d’être réactifs quand nous sommes présélectionnés. La création de valeur ne passe plus par les traditionnels leviers financiers - on voit d’ailleurs plus d’opérations all equity comme sur HSE 24 en Allemagne - ou fiscaux. Il faut un vrai projet de croissance pour l’entreprise, que ce soit en interne ou en externe, comme nous l’avons réussi sur Spotless en transformant un champion national en champion européen (Axa PE souhaite aussi rapprocher Go Voyages, acquis en juillet, d’eDreams, détenu par Permira, pour racheter Opodo - le nouvel ensemble GeO serait financé par un prêt de 480 millions d’euros et un HYB de 175 millions déjà émis, NDLR).

Ces opérations ne sont pas évidentes…

Effectivement, mais les règles du LBO changent. Les valorisations élevées limitent le nombre de transactions, et ces projets de consolidation demandent du temps. Encore plus lorsque nous souhaitons amener l’entreprise sur des marchés émergents comme nous l’avons fait pour Gerflor ou Eliokem. Avec un impact certain sur les TRI (taux de rendement interne, NDLR) mais des multiples de performance inchangés…

Quid de l’environnement social ?

Comme nous nous y sommes engagés, nous reversons jusqu’à 5 % de nos plus-values (selon les performances) aux salariés des entreprises que nous avons accompagnées. Malheureusement sous forme d’une prime payée par l’acquéreur (donc déduite du prix d’achat) faute d’un outil fiscal qui permettrait d’éviter les charges.

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