Fusions-acquisitions

Coup de frein sur les marchés small et midcaps

le 10/01/2013 L'AGEFI Hebdo

BNP Paribas et Rothschild continuent de dominer aussi les transactions sur des sociétés de moins de 500 et moins de 100 millions d'euros.

Le segment midcaps du marché, qui avait progressé de près de 53 % en cumulé sur les deux dernières années, selon Thomson Reuters, diminue légèrement cette année au niveau mondial (autour de 550 milliards d'euros hors effet de change). Dans l’Hexagone, la tendance est similaire puisque notre collecte nous a permis de recenser environ 38 milliards d'euros de transactions en 2012, sur 567 petites et moyennes valeurs, contre 41 milliards pour 495 deals en 2011, 33 milliards pour 389 opérations en 2010 et 18 milliards pour 234 transactions en 2009 (malgré un taux de réponses en baisse, de 51 sur 104 banques conseils contactées). « Les incertitudes sur la réforme fiscale (lire aussi page 27, NDLR) ont cependant marqué un véritable coup d’arrêt en France sur ce genre de transactions très liées aux personnes physiques, rappelle Virginie Lazès, responsable du corporate finance chez Bryan Garnier. Sans oublier l’instabilité autour de l’économie européenne qui a même mené les 'boards' de certains acquéreurs américains ou asiatiques à renoncer à conclure un 'deal' après être allés au bout du processus. »

Leonardo et DC Advisory bien placées

On retrouve comme chaque année les deux mêmes leaders, mais dans un ordre inversé, BNP Paribas devançant Rothschild sur l’ensemble des valeurs de moins de 500 millions d’euros. La banque de l’avenue de Messine reste cependant devant en nombre de transactions : 55 au-dessous de 500 millions d’euros de valeur, et encore 40 au-dessous de 100 millions. On note cette année que Crédit Agricole CIB et Sodica ont regroupé leurs 44 opérations small et midcaps afin de bénéficier du même traitement que Rothschild avec Transaction R ou SG CIB avec SG Midcaps (29 transactions). Autre tendance forte, les grandes banques semblent de plus en plus actives - même pour certaines anglo-saxonnes comme UBS ou HSBC - sur ce segment qui s’internationalise avec des transactions transfrontalières toujours plus nombreuses comme : LBi International, La Mancha, Manufaktura, SGA, Citibank Belgium, Flammarion, Carrefour Malaisie, EVT, Stone & Webster-Process Tech, ADR Retail, BES Vida, Amercable, Sports & Leisure, Imperial Sugar, Groupama Insurance Company Ltd, Numeric UPS, Tenesol... Cette internationalisation bénéficie également aux réseaux et équipes corporate finance des fameux Big Four de l’audit, notamment Deloitte et PricewaterhouseCoopers ici.

L’autre caractéristique du segment midcaps est de compter chaque année davantage de cessions d’actifs immobiliers ou infrastructures faisant l’objet de processus M&A : comme le siège de PSA, les tours de Bouygues Telecom, la logistique de Gecina, les Hotels Mirvac, le satellite GE-23 d’Eutelsat, le Réseau Gaz de Strasbourg, etc. Des deals dont ne sont pas forcément absentes les boutiques comme Leonardo et DC Advisory, très proches des leaders en nombre de transactions, ou encore Oddo, Wagram et Bryan Garnier. « Nous essayons d’avoir une analyse encore plus fine des enjeux pour proposer des 'deals stratégiques’ aux acquéreurs qui nous semblent les plus pertinents, et qui ont davantage de probabilités d’aboutir dans un environnement actuel qui fait plus de place aux processus de gré à gré et aux enchères restreintes », développe Jean-Baptiste Marchand, managing director chez Leonardo.

« Si les grands 'corporates' à la trésorerie abondante ne se sont toujours pas risqués sur d'importantes transactions, ils ont continué leurs petites opérations de croissance externe via des acquisitions ciblées et ainsi participé à la fixation des prix (en baisse cependant) sur ce segment aussi », poursuit Virginie Lazès. Au contraire, préoccupés par les performances de leurs portefeuilles, les fonds de LBO (leveraged buy-out) midcaps n’arrivent pas encore à voir « le verre à moitié plein ». D’où la diminution des nouvelles transactions de private equity constatée par les associations professionnelles sur les petits LBO, mais aussi sur les opérations de capital-développement. Des constats si négatifs que l’année 2013 ne semble pas pouvoir être pire que 2012. Au contraire, avec un peu de stabilité macroéconomique, les acteurs industriels et financiers sauront trouver des montages suffisamment ingénieux en matière financière et fiscale pour relancer leurs transactions.

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