L’avis de… Gaspard Bonin, associé chez Equinox Consulting

« Les contraintes en capital rendent la compensation moins rentable »

le 20/12/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel regard portez-vous sur les nombreuses initiatives sur le terrain de l’exécution des dérivés ?

Nous observons deux tendances contradictoires. D’abord, la volonté de développement de certains acteurs, tels CME Group, Nasdaq OMX, sans oublier Turquoise, filiale du London Stock Exchange, voire Bats Chi-X. L’initiative du CME bénéficie par exemple d’une crédibilité forte du fait de son positionnement de leader outre-Atlantique. En parallèle, nous constatons le renforcement des silos exécution-compensation sur les marchés des dérivés listés, à travers les deux leaders européens Eurex et Nyse Euronext Liffe. En revanche, sur la partie négociation des dérivés OTC (de gré à gré, NDLR), la partie est plus ouverte et il est encore trop tôt pour dire de quoi le paysage sera composé.

Le règlement Emir sur les dérivés OTC peut-il transformer le paysage de la compensation en Europe ?

On entend beaucoup dire qu’il pourrait y avoir, à terme, des dizaines de chambres de compensation mais c’est tout à fait irréaliste. Construire une telle structure s’avère compliqué, nécessite de réaliser d’importants investissements et de mobiliser beaucoup de fonds propres. Les établissements existants, même sur d’autres marchés de dérivés, sont donc les mieux placés. Nous n’anticipons ni un émiettement du marché, ni une explosion du nombre de chambres de compensation. Au contraire, nous allons plutôt nous diriger vers une concentration des acteurs.

Les nouvelles exigences de fonds propres peuvent-elles affecter les chambres de compensation ?

Il est évident que les nouvelles contraintes inscrites dans Emir peuvent rendre moins rentables certaines activités. Ce sont des exigences qui s’appliquent à toutes les chambres de compensation et tous les acteurs, à des degrés divers, vont devoir accroître leur capital.

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