Concurrence avec les fonds simplifiés ou diversification ?

le 06/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Les prêts aux entreprises avec « effet de levier » intéressent de plus en plus les investisseurs non bancaires, et les gérants ne cessent d’annoncer de nouveaux fonds en Europe : récemment avec Bayside HIG (un milliard), Idinvest, Rothschild Five Arrows ou encore Lyxor, qui prépare le lancement en juillet d'un fonds de 200 millions d'euros pour des prêts LBO* seniors. Comment cependant prélever des frais de gestion similaires à ceux des CLO* (autour de 50 points de base, pb), avec les mêmes sous-jacents générant 450 pb plus Euribor, mais sans la structuration ? Pour Thierry de Vergnes, responsable de la gestion dette chez Lyxor depuis que la filiale de Société Générale a intégré Egret Capital, qui gérait un CLO de 400 millions (et des mandats pour 300 millions) depuis 2006, « les fonds ‘simplifiés’, qui visent un retour de 5 % à 6 %, n’ont pas les mêmes types d’investisseurs - plus d’assureurs et moins de banques - que les CLO. Ils peuvent aussi générer un peu de rendement sur le marché secondaire ». Sachant cependant que le rachat avec décote est moins aisé depuis que le prix moyen des loans sur le marché secondaire est repassé autour de 100 % (contre 90 % en 2010), et que plusieurs analystes estiment les « spreads actuels » appelés à suivre le mouvement à la baisse déjà vécu aux Etats-Unis...

« Les 'loans' restent des actifs très intéressants : sécurisés en termes de défaut/recouvrement, protecteurs contre une éventuelle hausse des taux, ils comportent aussi plusieurs sous-segments (senior, second lien, mezzanine, en euros ou dollars) offrant donc différentes possibilités de gestion », argumente Renaud Tourmente, responsable du crédit corporate chez Axa IM. La filiale de l’assureur, parmi les leaders des CLO en Europe, avait très tôt proposé des mandats et autres fonds « non tranchés » dans ce but. Son fonds ouvert (comme le prochain fonds de Lyxor qui offrira une liquidité mensuelle) a même vu sa collecte atteindre 300 millions d’euros en 2012, « avec bien sûr des sous-jacents plus liquides que ceux recherchés par un CLO ou un fonds fermé ». D’autres acteurs, M&G ou BNP Paribas IP par exemple, connaissent un certain succès avec ces fonds « simplifiés », complémentaires des CLO dans un contexte de désintermédiation.

*LBO : 'leveraged buy-out' ; CLO : 'collateralized loan obligation'.

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