Michel Paris, « chief investment officer » (CIO) de PAI Partners

« Le co-investissement comme un outil d’échange au quotidien »

le 30/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Depuis 2009, vous avez reconquis la confiance de vos investisseurs (LPs) : sont-ils toujours plus demandeurs de co-investissements ?

Oui, il y a une volonté générale de faire plus de co-investissement, notamment dans une logique de diminution des engagements dans les fonds, donc d’une meilleure gestion des liquidités et d’une optimisation des coûts de gestion, car les commissions ne sont pas les mêmes que pour les montants investis et gérés au nom du fonds. Après 2009, cet angle du co-investissement a pour nous également été, dans le cadre d’un programme de rendez-vous étudié et personnalisé (plus de 350 par an), un moyen d’intensifier et d’améliorer nos relations et notre communication au quotidien. Cette stratégie a contribué au succès du premier closing de notre fonds VI, marqué par le support des investisseurs historiques.

Après la réduction du fonds V, c’était aussi un moyen de maintenir une certaine capacité…

En effet, nous l’avons utilisé pour certains LBO (leveraged buy-out) sur Cerba ou Swissport, deux co-investissements organisés via des FCPR (fonds communs de placement à risques) dédiés, afin d'augmenter l’exposition des LPs en conservant le contrôle via le fonds principal. Nous avons recommencé en 2013 pour R&R Ice Cream au Royaume-Uni. Nous avons également associé nos LPs à des investissements en dette (senior ou mezzanine) leur permettant d’être exposés avec différents niveaux de risques.

La mise en œuvre des co-investissements n'est-elle pas difficile ?

Chez PAI, nous choisissons de souscrire entièrement le capital avant de resyndiquer des parts à nos investisseurs intéressés, afin d’être plus compétitifs et d’assurer la certitude du deal vis-à-vis des vendeurs. Après, avec les importants montants levés non engagés (dry powder) par certains gérants anglo-saxons, ceux-ci ne pensent pas toujours en premier à leurs LPs au moment d’investir sur les meilleures opérations, notamment quand elles se font plus rares.

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