Rencontre avec... Christophe Roupie, directeur de l’exécution chez Axa Investment Managers et président du Comité stratégique de Nyse BondMatch

« Un changement de paradigme »

le 04/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment expliquer le retard pris par le programme Cassiopée ?

Je comprends l’impatience autour de ce programme mais, entre la demande du Haut Comité de place à Bercy en novembre 2009 et les premières exécutions significatives en novembre 2012, trois ans seulement se seront écoulés pour ce qui est un vrai changement de paradigme ! Sans compter les « vents économiques contraires », qui ont amené nombre d’opérateurs à gérer d’autres priorités. D’autre part, nous avons pris le temps de sécuriser d’importantes contraintes techniques, à l’instar d’un paquebot avant son lancement à l’eau afin d’éviter que les plates-formes ne coulent à la première tempête. Ces projets répondent à un véritable besoin, mais génèrent forcément un coût qui n’avait pas toujours été anticipé ou provisionné.

Et quelques tabous lorsqu’il s’agit de s’attaquer aux marges des banques...

Entre la recherche de transparence (investisseurs, émetteurs, régulateurs) et le contrôle des fonds propres bancaires, nous accompagnons un mouvement inéluctable. La présence de banques « universelles » au comité stratégique de Nyse BondMatch l'atteste. Malgré les freins et les discours, l’objectif a toujours été d’encourager les investisseurs finaux à tenir un rôle plus actif sur les plates-formes pour que le marché obligataire gagne en efficacité, transparence et surtout liquidité.

Quelle est la position précise d’Axa IM ?

Nous avions une position suffisamment forte sur l’exécution électronique pour aider à définir le projet et à sécuriser le contrôle des risques. Nous nous sommes connectés à l’écran centralisé (Ecob) la semaine dernière, nous sommes en phase finale de connectivité avec nos brokers, et nous testons par ailleurs des algorithmes de trading simples, par exemple avec des ordres icebergs qui permettent de ne dévoiler qu’une partie de nos intentions. Ces marchés sécurisés ne vont donc pas se substituer à l’OTC (over-the-counter, NDLR) sur la totalité des flux institutionnels, mais le compléter pour plus de liquidité et de transparence sur le prix de référence (qui peut permettre de croiser des blocs en interne sans générer de conflit d’intérêts), avec aussi l’agrégation possible de flux retail. Et avec un nouveau métier de courtage pour le sell-side - à rémunérer au juste tarif -, qui reste l’une des clés de voûte du programme Cassiopée.

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