L’avis de... Marc Lefèvre, directeur développement commercial et relations émetteurs listing Europe chez Nyse Euronext

« C’est notre rôle d’organiser la fluidité de la cote »

le 16/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment réagissez-vous à ce qui ressemble à une augmentation des retraits de cote ?

Globalement, nous comptons une trentaine de radiations par an à Paris (voir le graphique), et les introductions compensent assez largement ces sorties de la Bourse dont les origines sont multiples entre : les faillites, les acquisitions industrielles, les fusions intra-groupe et les retraits de cote, également appelés « public-to-private » (PtoP). D’une année sur l’autre, ces PtoP représentent environ 20 % des sorties de la cote, une proportion restée stable depuis trois ans.

Ne craignez-vous pas qu’ils progressent cette année ?

Nous sommes relativement confiants pour 2011. Avec une accélération des introductions, les flux entrées/sorties devraient être encore une fois positifs, comme ils l’ont été globalement depuis cinq ans, malgré les années 2008 et 2009. C’est ce qui contribue à faire vivre la cote de Nyse Euronext, qui compte plus de 1.100 sociétés en Europe. Les retraits répondent à une fluidité du marché, qu’il nous revient d’organiser : nous souhaitons faciliter au maximum les sorties, cette fluidité est en effet une condition sine qua non pour favoriser les nouvelles introductions. D’ailleurs, nous avons défendu cet hiver le projet français de loi de Finances 2011 (finalement non voté) en faveur d’un squeeze out à 90 % au lieu de 95 %, tel que le souhaitaient les fonds qui ont notamment des contraintes parallèles en matière d’intégration fiscale.

Dans le dossier Radiall, il vous est reproché de ne pas trancher...

Les sociétés souhaitant organiser leur retrait de cote doivent répondre au Code monétaire et financier, dont l’objectif est de « ne pas léser d’une manière significative les intérêts des investisseurs », ainsi qu’au règlement général de l’Autorité des marchés financiers, qui organise les procédures d’offres publiques de retrait. Si un investisseur ne veut pas apporter ses parts, il faut que l’actionnaire majoritaire trouve un moyen de convaincre les minoritaires pour atteindre les 95 %. Nous ne faisons qu’appliquer ce code.

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