Dossier Private equity

Bpifrance veut consolider l’écosystème du capital-risque

le 07/11/2013 L'AGEFI Hebdo

Moins d’un an après sa création, la banque publique a bien simplifié ses structures dédiées au capital-risque.

En juillet dernier, Bpifrance a intégré les sociétés de gestion de CDC Entreprise, qui avaient en charge les fonds de fonds et les fonds de capital-risque directs, avec celles du Fonds stratégique d'investissement (FSI) qui géraient les prises de participation dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises. « Ce regroupement a donné naissance à une seule société de gestion, Bpifrance Investissement, qui pilotera l’ensemble des fonds propres de Bpifrance et du Programme d’Investissements d’Avenir qui relève de notre compétence », explique le directeur de l’innovation, Paul-François Fournier.

Cette nouvelle entité dirigée par Nicolas Dufourcq dispose de 20 milliards d’euros de fonds propres et d’une équipe composée de 350 collaborateurs. Des chiffres qui en font l’une des plus grandes sociétés de gestion en Europe. L’organisation autour de quatre grands métiers (les ETI et les grandes entreprises, les fonds de fonds, le capital-risque en direct et le capital-développement des PME) est elle aussi achevée. Cette démarche de structuration semble recueillir l’approbation des capital-risqueurs. « Dans notre métier, nous fonctionnons sur des cycles de cinq à dix ans qui ne sont pas toujours compatibles avec le calendrier des politiques, souligne Jean Bourcereau, directeur général de Ventech, société spécialisée dans le capital-investissement dans les technologies de l’information. Avec Bpifrance, j’ai le sentiment de travailler avec des interlocuteurs qui sont impliqués dans des cycles plus longs, et qui ont, eux aussi, envie de faire progresser l’écosystème. Tout cela est positif, mais il faut maintenant pérenniser le dispositif. »

L’âge de maturité

Cet objectif figure au cœur de Nova, le nouveau plan qui vient d’être approuvé par le conseil d’administration de Bpifrance. Le premier axe de ce programme concerne la simplification du marché du capital-risque. « Avec près de 150 fonds, l’écosystème français est arrivé à maturité, estime Paul-François Fournier. Nous devrions donc nous orienter vers une période de stabilisation, l’objectif étant désormais de consolider cet écosystème en développant les sociétés de gestion les plus performantes. »

Le plan comporte un volet accompagnement des entreprises à toutes les étapes de leur développement. « Nous allons assurer une montée en compétence des chargés d’affaires de Bpifrance Financement en matière d’investissement, pour que ceux-ci soient en mesure de mieux sélectionner et préparer en amont les entreprises qui auront besoin du capital-risque pour continuer à se développer », annonce Paul-François Fournier.

Nova intègre enfin un troisième volet portant sur le continuum de financement. Sur ce point, une première décision importante devrait être prise avec la création d’un fonds « Large Ventures ». En cours de constitution, il devrait être doté de moyens importants pour accompagner le développement de start-up sur des tickets compris entre 10 et 50 millions d'euros. « Jusqu’à présent, les fonds de capital-risque français n’avaient pas les moyens de suivre les entreprises à ce stade avancé de leur développement, note Paul-François Fournier. Il était important de se positionner sur ce segment qui est probablement celui qui crée le plus de valeur. » Une initiative saluée par Jean Bourcereau qui a participé au tour de table réalisé en juin dernier par Withings. A cette occasion, Bpifrance avait apporté 11 des 23,5 millions d'euros levés par cette start-up spécialisée dans les objets connectés. « Le fait d’avoir un acteur capable de réaliser ce genre de tour de table en France est une très bonne nouvelle. Nous n’aurons plus besoin d’aller à Londres ou aux Etats-Unis pour trouver ces montants de financement », conclut Jean Bourcereau.

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