BNP Paribas voit en DTZ un renfort de son pôle immobilier international

le 07/07/2011 L'AGEFI Hebdo

Après les mariages de CBRE avec ING Reim et de Jones Lang LaSalle avec King Sturge, la consolidation est en marche dans le conseil en immobilier.

Le mouvement s’accélère. Le 20 juin, la société de conseil en immobilier DTZ, cotée à Londres, a confirmé être en pourparlers avec Saint George Participations (SGP), son actionnaire majoritaire (avec 55 % du capital), soutenu par BNP Paribas. DTZ avait communiqué, le 11 mai, sur « plusieurs » propositions de rachat. Ainsi, les rumeurs selon lesquelles SGP pourrait acquérir le solde du capital de DTZ et retirer la valeur de la cote dans le but de revendre l’ensemble à BNP Paribas ne sont pas infondées. La banque française n’a toutefois pas souhaité faire de commentaires. DTZ précise pour sa part que « les discussions sont à un stade précoce ».

« C’est une stratégie d’occupation de terrain pour BNP Paribas qui cherche à se constituer un réseau international solide », explique Benoît Faure-Jarrosson, analyste financier spécialisé dans l’immobilier chez Invest Securities. DTZ est en effet présent dans 140 villes à travers 42 pays. Si cette fusion se concrétise, elle permettrait surtout à BNP Paribas Real Estate d’accéder à une marque solide au Royaume-Uni, en plus d’une bonne ouverture sur l’Asie.

« Pour des raisons mystérieuses, le marché est devenu un oligopole, fait remarquer Benoît Faure-Jarrosson. L’addition des cinq premiers acteurs représente une part considérable dans la location de bureaux et dans les transactions. » Le rachat éventuel de DTZ par BNP Paribas pourrait aboutir à l’émergence d’un nouveau géant en Europe. Et la tendance pourrait se poursuivre avec d’autres grands acteurs européens comme Cushman & Wakefield, Savills ou encore Catella Property. « On est obligé à un moment de procéder à une croissance externe si on veut rester dans la course », souligne Benoît du Passage, président-directeur général de Jones Lang LaSalleFrance et Europe du Sud.

Un vent de consolidation souffle ainsi sur le secteur du conseil en immobilier d’entreprise depuis le début de l’année. Les majors, CB Richard Ellis et Jones Lang LaSalle, ont déjà chacun convolé. « En règle générale, à chaque sortie de crise, les gros deviennent plus gros, les moyens sont rachetés ou fusionnent tandis qu’émergent des acteurs de niche, sur un métier ou une localisation », analyse Benoît du Passage.

Naissance de géants européens

C’est CB Richard Ellis (CBRE) qui a donné le coup d’envoi en février, avec l’acquisition d’ING Real Estate Investment Management (ING Reim) pour environ 700 millions d’euros (L’Agefi Hebdo du 30 juin). A travers cette grosse opération, le groupe américain s’est notamment emparé des activités d’ING Reim en Europe et en Asie. Une union qui a alors consacré CBRE à la tête du conseil immobilier mondial. Le groupe a par ailleurs plus que doublé la taille de ses actifs sous gestion, à près de 73 milliards d’euros. « C’est une course à la rentabilité : plus le groupe va s’internationaliser, plus il va faire des économies d’échelle », note Blaise Heurteux, cofondateur de RBS Research. Une nouvelle vague de fusions-acquisitions doit également permettre aux acteurs d’effacer les derniers effets de la crise et ainsi d’être en position de force pour capter la croissance à venir.

Fin mai, Jones Lang LaSalle a contre-attaqué en rachetant le cabinet de conseil King Sturge pour près de 227 millions d’euros. Une acquisition qui a fait du groupe le leader incontesté du conseil immobilier en Europe. « Cette opération nous a surtout permis d’être présent sur des métiers ou des localisations où nous n’étions pas sur le marché britannique », explique Benoît du Passage. Parallèlement, la fusion avec King Sturge fournit un plus grand accès au marché d’Europe continentale. « Le Royaume-Uni est le marché qui offre aujourd’hui le plus de possibilités en Europe en termes d’offre de services, affirme le PDG de Jones Lang LaSalle France. Au vu du nombre important d’acteurs, c’est également un marché qui abrite un grand nombre d’opportunités de croissance externe. »

Le mariage Jones Lang LaSalle et King Sturge a ainsi donné naissance au plus grand groupe de conseil en immobilier de la région Emea (Europe-Moyen-Orient, Afrique), avec un réseau couvrant 70 marchés à travers 30 pays. Jones Lang LaSalle était déjà le deuxième principal acteur de conseil en immobilier dans le monde en termes de chiffre d’affaires, derrière CBRE. Et il ne compte pas s’arrêter là. « S’il y a d’excellentes opportunités, bien sûr que nous les regarderons », concède Benoît du Passage.

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