L’avis de... François Schlumberger*, consultant de FTCS Conseil

« Bien définir la nature et la naissance du risque avec la direction générale »

le 24/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Quels sont les principes d’une bonne couverture des risques de change ?

Je dirais qu’il n’y a pas de « bonne » couverture. Il y a juste une bonne ou une mauvaise mise en œuvre d’une politique de gestion du risque de change. Si, par exemple, mon entreprise facture des produits en livres sterling (GBP) et que ses coûts de production sont tous en euros, il est clair qu’à un moment ou un autre, j’aurai, en tant que trésorier, à vendre ces GBP contre des euros que j’achèterai. La question est de savoir quand je vendrai les GPB : quand je les reçois ? Quand je les facture ? Lorsque nous gagnons le marché ? Lors de l’établissement du budget annuel ? Du budget pluriannuel ou d’un plan stratégique ? Tout est question de momentum.

N’est-ce pas complètement subjectif ?

Oui mais le choix qui est fait concernant le fait générateur du risque de change n’a pas grande importance. Ce qui compte, c’est la stabilité - ce qui n’est pas l’immobilisme - dans cette decision, et le fait qu’elle soit partagée dans toute l’entreprise, de la direction générale au trésorier. Bien sûr, la deuxième règle à fixer concerne la liberté de manœuvre donnée au trésorier, par rapport au principe établi, pour « profiter des opportunités de marchés » comme on dit, voire spéculer, ce qui est exactement la même chose dit plus directement. Une fois cette « philosophie » définie avec et par la direction générale, les opérations de couverture ne sont plus qu’un détail de mise en œuvre. Toutes les opérations réalisées, aussi complexes soient-elles, découlent de sept concepts : j’achète (du dollar qui m’est nécessaire), je vends (des livres dont je n’ai pas besoin), aujourd’hui (car je viens de recevoir les livres), demain (car je n’ai pas besoin des dollars tout de suite), peut-être (car je veux me donner la possibilité de ne pas donner suite à l’opération que je suis en train de réaliser), je prête, j’emprunte (qui sont les conséquences du fait qu’en faisant une opération aujourd’hui, elle ne se dénouera que plus tard).

*Ancien président de l'AFTE (Association française des trésoriers d'entreprise).

A lire aussi