Entretien avec... Florence Soulé de Lafont, associée en charge du secteur finance du cabinet de chasse de têtes Boyden à Paris

« Les BFI françaises restent en sureffectif »

le 13/12/2012 L'AGEFI Hebdo

Quelle est la situation de l’emploi dans les banques de financement et d’investissement (BFI) françaises ?

Elles ne devraient pas lancer de nouveaux plans de départs dans les six à douze prochains mois, mais restent en sureffectif, notamment dans certains métiers de financement qui ont peu licencié. Pour contrer l’immobilisme des collaborateurs, elles favorisent des mobilités vers la gestion institutionnelle ou privée, ou en banque de détail. Des transferts ont aussi lieu vers les départements risques ou les bad banks internes.

En Europe, quels sont les métiers en péril ou porteurs ?

Les spécialistes des dérivés OTC (de gré à gré, NDLR) sont menacés. Outre la diminution structurelle des marges et la baisse des volumes d’activité, on observe une explosion des investissements informatiques (pour se conformer aux règles de traitements et de compensation de la future réglementation Emir) au détriment des hommes. En revanche, les banques recherchent des spécialistes du crédit high yield (obligations non notées à haut rendement, NDLR), ou encore des professionnels de la distribution de crédits aux institutionnels dans le cadre du modèle originate-to-distribute, depuis longtemps en vigueur dans les banques anglo-saxonnes. Il y a une forte concurrence car les profils expérimentés sont rares. Les compétences en structuration de fonds de dette immobilière et de dette infrastructure sont également recherchées.

Quelles sont les structures d’avenir ?

Pas les hedge funds. Parmi les traders partis monter de telles structures, rares sont ceux qui connaissent le succès, faute de pouvoir répliquer leurs performances passées dans le contexte actuel de marché ou d’arriver à attirer suffisamment d’investisseurs. Les fonds de capital-investissement continuent aussi à faire rêver, mais certains d’entre eux risquent de disparaître à moyen terme compte tenu de la difficulté à lever de nouveaux véhicules. A l’étranger, l’américain Wells Fargo, Standard Chartered ou encore CIMB (de Malaisie, NDLR) sont assez agressifs, mais leurs recrutements restent sélectifs. Les équipes des fonds souverains s’étoffent à Londres ainsi que dans le Golfe, où les banques locales se professionnalisent également. A Hong Kong et Singapour, il y a davantage de perspectives mais une première expérience en Asie est souvent indispensable pour être recruté par un acteur local.

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