Les BFI françaises poursuivent l’ajustement de leurs effectifs

le 20/09/2012 L'AGEFI Hebdo

BNP Paribas n'a pas bouclé son plan de départs, comme Crédit Agricole et Natixis, et révise son programme de déménagement, comme Société Générale.

Illustration: Agefi

Adieu la frénésie du quartier de l’Opéra. Ce mois-ci, BNP Paribas achève de transférer des salariés du cœur de Paris vers la ZAC Claude Bernard, en bordure du périphérique, dans le XIX

e arrondissement. 2.500 employés des fonctions supports de la banque de financement et d’investissement (BFI) et de BNP Paribas Arbitrage ont quitté depuis le printemps six sites de la capitale où ils cohabitaient avec les front-offices, ainsi qu’un bâtiment de Saint-Denis, confirme un porte-parole de la banque. Ils occupent désormais trois immeubles flambant neufs et écologiques. « Les salariés sont bien installés mais les abords ne sont pas des plus accueillants », regrette un élu du personnel. Dans cet ancien no man’s land en pleine réhabilitation, un camp de Roms a récemment été démantelé, mais la misère sociale reste prégnante, sous forme de prostitution.

Le déménagement est de moindre ampleur qu’annoncé initialement. Au printemps dernier, une deuxième tranche était encore à l’agenda 2014-2015. Depuis, elle a visiblement été ajournée. « 1.750 autres salariés, de la BFI ou non, auraient dû aller à Claude Bernard, mais le projet a été annulé sans explication », indique le même syndicaliste. Ce revirement intervient alors que la BFI de BNP Paribas peine à boucler son plan de départs volontaires. Sur les 373 suppressions de postes prévues, 291 étaient actées fin août, ont dévoilé plusieurs représentants syndicaux à L’Agefi. Outre quelques refus, une centaine de dossiers restent en attente de traitement. Les candidats appartiennent soit à des services où le nombre de postes supprimés est déjà atteint, soit à des équipes non éligibles. Un certain nombre devrait bénéficier du plan de départs pour que le quota initial soit atteint. « Le guichet devait bien fermer le 15 septembre comme prévu, assure un syndicaliste. Avant la fin de l’année, la totalité des candidats seront informés. »

Lancé en avril, le plan de BNP Paribas avait été le premier dévoilé, après les annonces de réduction de voilure des banques françaises frappées par la crise de la zone euro à l’été 2011. Toutes ont rapidement commencé à ajuster leurs effectifs à l’étranger, mais seule Société Générale Corporate & Investment Banking (SG CIB) a bouclé son programme pour la France. D'abord ouvert à tout le groupe, celui-ci a été victime de son succès et finalement limité aux salariés de la BFI. « La direction pense que le plan n’a pas laissé de traces alors que ses conditions d’exécution ont été calamiteuses, estime Michel Marchet, délégué national CGT. Certains ont été poussés à déclarer leurs intentions à leurs chefs sans finalement pouvoir partir. »

Migration vers l'est

Chez Crédit Agricole (CA) CIB, le processus se poursuit en France et à l’étranger, comme dans la BFI de Natixis (voir le tableau). Celle-ci, qui n’a pas lancé de plan social formel avec indemnités à la clé, affiche le plus petit nombre de départs. Fin août, 57 avaient été acceptés sur 131 programmés, selon des sources proches de la banque. Natixis prépare aussi le transfert des équipes (en partie au service de la BFI) du site de Réaumur, près de la Bourse, vers Bercy et Charenton-le-Pont. Ses 4.000 salariés dans cette ville du Val-de-Marne seront rejoints par plusieurs centaines d’informaticiens début 2013.

Société Générale inaugurera alors une nouvelle tour à La Défense, baptisée Basalte. Malgré des rumeurs de surcapacité et de transferts à l’étranger (lire l’encadré), le groupe assure qu’elle sera entièrement occupée par les 3.000 salariés des salles de marché parisiennes, c’est-à-dire les front-offices, les back-offices et les fonctions associées comme les risques. Pour autant, face à réduction des effectifs de la BFI, « on peut se demander si la direction ne va pas reconsidérer le transfert d’une partie des 5.000 back-offices qui doivent quitter La Défense pour Fontenay-sous-Bois d’ici à 2015 », pointe Michel Marchet. Ce pôle Est abrite déjà plusieurs milliers de salariés de Société Générale, qui reste le premier employeur de La Défense et la BFI la plus implantée en France. Quant aux salariés de CA CIB, ils seront les derniers à bouger. Leur transfert de La Défense au nouveau siège du groupe à Montrouge est prévu d’ici à 2016.

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