Barclays pourrait rater ses objectifs de rentabilité en 2013

le 16/02/2012 L'AGEFI Hebdo

Les résultats de la division de banque d’investissement BarCap ont pesé sur les comptes annuels du groupe britannique.

Assisté des principaux dirigeants de branches, Bob Diamond, directeur général de Barclays, a multiplié les messages positifs. Le ratio de capital - Core Tier one - de la banque s’est établi à 11 % en 2011, même après absorption de l’impact total de la directive européenne CRD3. Le dirigeant a aussi insisté sur l’implication de Barclays dans l’économie réelle : la division banque de détail a ainsi permis à près de 10.000 clients d’acquérir leur première maison et 100.000 nouveaux prêts immobiliers ont pu être accordés l’an dernier. Surtout, la banque a dépassé les attentes du Projet Merlin sur le financement des entreprises en prêtant 44 milliards de livres, dont 15 milliards aux PME.

En souffrance

Des éclaircies qui n’ont cependant pas effacé les mauvaises nouvelles : le directeur général a ainsi reconnu que l’objectif de rentabilité de 13 % en 2013, dévoilé l’an dernier peu après sa prise de fonctions, ne serait probablement pas atteint, sans préciser à quel moment il le serait. Cette année, ce ratio a atteint 6,6 % comparé à 6,8 % en 2010. « Inacceptable » aux yeux du dirigeant qui invoque cependant quelques obstacles : l’introduction de la taxe sur les banques au Royaume-Uni (bank levy) qui a coûté l’an dernier à la banque quelque 325 millions de livres, les règles en matière de capital, le défi d’un environnement à faibles taux d’intérêt ou encore la crise de la zone euro ont fait figure de vents contraires. Pour autant, le directeur général ne revient pas sur la pertinence de cet objectif de 13 % « qui est exactement l’objectif à atteindre et qui reste atteignable », selon lui.

Dans l’ensemble, la banque a publié des bénéfices imposables de 5,9 milliards de livres (7 milliards d’euros), en recul de 3 % sur une année et en dessous des prévisions d’un consensus d’analystes qui tablaient sur 6,1 milliards. Les recettes sont également ressorties en baisse de 8 % à 28,5 milliards. Si l’activité de cartes, les opérations africaines et la gestion de fortune sont parvenues à tirer leur épingle du jeu, la division d’investissement BarCap, à l’image de ses concurrentes Deutsche Bank, Credit Suisse ou encore UBS, a souffert l’an dernier : le bénéfice imposable a atteint 2,96 milliards de livres, en recul de 32 % sur une année, pour des recettes en baisse de 22 % à 10,3 milliards. Leur contraction dans le secteur des taux, change et matières premières (-27 %), des actions (-14 %) et de la banque d’investissement (-10 %) a ainsi lourdement pesé dans la balance. Sans surprise, la rentabilité de la division a reculé à 10,4 % comparé à 13,5 % une année auparavant… dans un environnement anormal. « Nous nous sentons plutôt bien au vu des résultats de l’ensemble de l’industrie », a cependant jugé Bob Diamond en égrenant les principaux résultats de la division : numéro trois au Royaume-Uni dans le secteur des fusions-acquisitions avec 20 % de part de marché, BarCap a servi de banque conseil dans neuf des vingt plus grosses fusions-acquisitions au niveau mondial et a gagné en 2011 quelque dix-sept nouveaux mandats en « corporate broking » au Royaume-Uni, portant le total à 25. « Nous avons évolué dans un environnement anormal l’an dernier et nous pensons retrouver des conditions d’activité plus normales cette année », a confirmé Rich Ricci, codirecteur général de Barclays Capital. Le dirigeant a ainsi maintenu son objectif de revenus annuels à hauteur de 12 à 14 milliards de livres pour un ratio de rentabilité de 15 % pour la division de banque d’investissement. Un programme ambitieux auquel les analystes ont rétorqué avec beaucoup de scepticisme…

Une baisse inéluctable (en milliards de livres)

- Bénéfices imposables BarCap :2,965 (-32 %)

-Recettes BarCap : 10,335 (-22 %)

Source : société

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