Barclays modèle le profil de sa BFI pour plus de respectabilité

le 19/09/2013 L'AGEFI Hebdo

La banque de financement et d’investissement coupe dans ses coûts, mais aussi dans ses objectifs de rentabilité.

Le groupe a beau réaliser 5,95 milliards de livres d’augmentation de capital afin d’atteindre le ratio de levier (fonds propres/total des engagements) de 3 % exigé cet été par le régulateur britannique, certains observateurs estiment qu'un nouveau tour de vis pourrait toucher la banque de financement et d’investissement (BFI) de Barclays. Sur juillet-août 2013, le produit net bancaire du groupe a baissé de 500 millions de livres (597 millions d’euros) par rapport à la même période de 2012 à cause du repli des divisions obligataire, change et matières premières. Antony Jenkins, son directeur général, a indiqué qu’il allait à nouveau passer en revue les performances de ses 75 activités, un exercice qui avait conduit la fois précédente à l’élaboration du plan Transform annoncé en février et à la suppression de 3.700 postes au sein du groupe. Une restructuration dont le coût a été divulgué le 10 septembre : 2,7 milliards de livres d'ici à 2015, dont 600 millions pour la BFI qui emploie actuellement 23.600 personnes dans le monde et contribue à hauteur de 58 % aux profits du groupe. Barclays va maintenant s’appliquer à analyser ses activités sous le prisme du ratio de levier : « Nous allons voir si cela donne une réponse différente et nous nous engageons à informer le marché sur ce que cela signifie », a précisé son directeur général. La BFI pourrait naturellement être impactée. Réponse sans doute le 30 octobre prochain, avec les résultats du troisième trimestre.

Externalisation

En attendant, la transformation du modèle est radicale. Barclays tente depuis le début de l’année d’effacer l’héritage de Bob Diamond, le directeur général de la banque parti en juillet 2012 suite au scandale du Libor, et de rendre sa respectabilité à sa division de banque commerciale et d’investissement. Exit donc Rich Ricci, anciennement responsable de la banque d’investissement, et Tom Kalaris, en charge de la division de gestion de fortune. Sous la houlette de ses nouveaux codirigeants, Eric Bommensath et Tom King, en fonction depuis le 1ermai, la banque d’investissement et commerciale participe à l’effort de restructuration du plan Transform. Entre avril 2012 et avril 2013, le nombre de postes en trading, ventes et recherche a ainsi été réduit à hauteur de 9 % en une année sur les métiers de front-office, avec une déperdition importante dans les expertises matières premières (-18 %) et actions (-16 %). Rien d’étonnant : en février, le groupe avait annoncé le licenciement de 1.800 personnes en BFI, suite à la fermeture de son unité Structured Capital Markets, qui fournissait des conseils aux grandes entreprises pour leur permettre d’optimiser leur fiscalité. Barclays a aussi cessé ses activités d’investissements liées aux matières premières agricoles. Motif : elles ne s’adaptaient plus au nouveau profil de la banque.

Cheval de bataille de l’industrie, la réduction des coûts se poursuit de plus belle au sein de ce département : la division veut ainsi ramener sa base de coûts qui a atteint 5,9 milliards de livres en 2012 dans une fourchette comprise entre 5,1 et 5,4 millards en 2015. Pour y parvenir, la BFI met en avant l’accélération de son programme d’externalisation des fonctions d’administration et de back-office : « Nous avions déjà déplacé plus de 2.000 postes de centres géographiques coûteux à des centres moins coûteux jusqu’en 2012 (en Lituanie et en Inde, NDLR) et nous visons 4.000 emplois supplémentaires d’ici à fin 2015, ce qui devrait résulter en des économies de 250 millions de livres pour la banque d’investissement », a expliqué fin juin Eric Bommensath dans une présentation aux investisseurs. Selon les experts, l’externalisation, que Barclays appelle right-shoring, n’est qu’un élément parmi d’autres dans la stratégie de réduction des coûts : « Au-dela de l’externalisation qui est sans doute un élément contrôlable, la différence se fait surtout au niveau de la réduction de l’enveloppe de rémunération et par la non-récurrence de certains coûts à l’image du scandale du Libor », estime Ian Gordon, analyste bancaire d’Investec Securities. Ces deux éléments ont permis à la banque de ramener sa base de coûts dans cette division à 1,7 milliard de livres au deuxième trimestre, soit une réduction de 8 % en une année.

Malgré l’éventail de mesures, l’objectif de rendement sur fonds propres (RoE) de la BFI a déjà été revu à la baisse, suite à une réallocation des coûts de fonctionnement du siège et de la taxe bancaire. Le groupe, qui tablait en février sur un RoE compris entre 14 % à 15 % à horizon 2015 - comparé à 13,7 % en 2012 - vise désormais 11 % à 12 % dans cette division et seulement 15 % au-delà. 

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