Dossier Banques étrangères en France

Barclays en pleine réorganisation pour assurer sa rentabilité

le 16/05/2013 L'AGEFI Hebdo

La banque britannique prévoit de fermer une partie de ses Clubs Premier. Sa compatriote HSBC renforce son positionnement patrimonial.

Barclays réduit la voilure en France. La banque britannique a présenté à ses salariés un plan de réorganisation qui prévoit de supprimer 243 postes sur un total de 1.500 dans l'Hexagone. C’est essentiellement la banque de détail qui serait concernée par ces mesures. Le réseau de Barclays en France, qui comprend notamment 48 agences bancaires classiques et 55 points de vente Clubs Premier, va ainsi être réorganisé. « Nous envisageons de fermer une trentaine de Clubs Premier, pour en conserver une vingtaine, indique Pierre Persico, directeur de la distribution de Barclays en France. Nous en sommes au stade de la consultation de nos partenaires sociaux. » Ce concept d’agence en appartement pour la clientèle aisée, avec un ou deux conseillers, avait été lancé en 2007 dans les villes de taille moyenne, partout en France. Mais sur fond de crise, la rentabilité n’a pas été au rendez-vous. « Certains de ces points de vente ne sont pas assez rentables, atteste Pierre Persico. Par ailleurs, nous comptons désormais concentrer notre développement sur les grandes villes. »

Réduisant son maillage territorial, Barclays souhaite dorénavant entrer plus en relation avec sa clientèle aisée via internet. Elle doit ainsi lancer début mai une banque à distance pour ses clients dits « Premier », qui détiennent plus de 50.000 euros d’actifs financiers. Barclays France compte actuellement 160.000 clients, dont 71.000 clients Premier. « Cette agence à distance offrira à notre clientèle Premier une série de services internet, dont des visio-conférences avec des experts », explique Pierre Persico.

Recentrage

Avec cette réorganisation, l’objectif de Barclays est d’améliorer sa rentabilité en France, jugée insuffisante. Elle mise sur internet mais aussi sur un renforcement de son positionnement à l’égard de sa clientèle Premier. « Nous voulons devenir une banque de référence dans le haut de gamme et le multicanal », affirme Pierre Persico, en soulignant qu’une cession de la succursale française n’est pas d’actualité. Mais parviendra-t-elle à atteindre ses objectifs ? L’accélération de son recentrage sur la clientèle aisée intervient à un moment où ce marché est devenu particulièrement difficile, sur fond de concurrence accrue entre les acteurs.

Dans cet environnement compliqué, l’autre grande banque britannique présente en France, HSBC, renforce aussi son positionnement patrimonial. « Nous voulons nous concentrer sur notre clientèle Premier, plus que jamais notre cœur de cible », souligne Vincent de Palma, directeur de l’offre de la banque de particuliers et de gestion de patrimoine de HSBC France. Chez HSBC, le client Premier détient plus de 75.000 euros d’actifs financiers. Cependant, si son positionnement semble similaire à celui de Barclays, HSBC France dispose d’une taille bien plus importante. Elle compte ainsi 315 agences pour sa clientèle de particuliers - héritées en partie de l’ex-CCF, qu’elle avait rachetée en 2000 -, et 850.000 clients, soit cinq fois plus que Barclays. Sur ses 315 agences, 95 sont des agences Premium axées sur la clientèle aisée.

Pour HSBC, il n’est pas question de réduire son réseau. « Notre réseau est un atout clé », estime Vincent de Palma. Et la rentabilité est au rendez-vous, comme en témoigne la croissance du bénéfice en 2012. « Sur un marché difficile, nous avons la chance d’avoir un nombre suffisamment important de clients, d’avoir la taille critique », estime-t-il. « L’un des principaux atouts de HSBC est d’avoir un solide portefeuille de clients, hérité de l’ex-CCF, ce que n’a pas Barclays », confirme un expert.

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