L'avis de... Philippe Crouzat, directeur financier d’EDF Energies Nouvelles

« Les banques montrent un fort intérêt pour ce type de financement de projets »

le 09/12/2010 L'AGEFI Hebdo

Vos conditions de financement sont-elles restées satisfaisantes ces dernières années ?

Même au plus fort de la crise en 2008, nous n’avons jamais connu de fermeture de l’accès au financement, alors que nous étions en pleine accélération avec des investissements passant de 523 millions d’euros en 2007 à plus d’un milliard en 2008, puis 1,3 milliard en 2009. Les principaux changements ont été la disparition des syndications au profit des club deals, des « prises » finales par banques réduites, une augmentation des marges (largement compensée par la baisse des taux). Aujourd’hui, les banques montrent un très fort appétit pour le financement de projet dans l’éolien et le solaire photovoltaïque, cette classe d’actifs étant peu risquée et avec des durées plus courtes que beaucoup d’autres financements d’infrastructures.

Avez-vous cherché à diversifier vos sources de financement sur les marchés obligataires ?

Nous n’avons pas eu besoin de financements alternatifs. Nous n’écartons pas la possibilité de « placements privés » auprès d’investisseurs institutionnels, qui présentent l’avantage d’offrir des maturités plus longues (20 ans, voire plus, contre des financements bancaires de 16 à 17 ans dans l’éolien ou de 18 à 19 ans dans le solaire), et permettent de diversifier ses sources de financement. Toutefois, ce type de financement n’est adapté qu’à de gros projets déjà en exploitation (ce qui pose la question du financement de la période de construction), et nous semble nettement moins flexible et pas forcément moins cher que les financements traditionnels.

Comment avez-vous résolu le problème du financement des projets solaires de petite taille ?

Il est vrai que si les projets éoliens sont suffisamment importants pour bénéficier d’un financement de projet (on considère que 30 à 40 millions d’euros est le seuil minimal pour amortir les frais de due diligence d’un financement de projet), les investissements dans le solaire photovoltaïque sont souvent plus petits. C’est pour cela que nous avons imaginé et mis en place avec un pool de banques commerciales et la BEI (Banque européenne d'investissement, NDLR) un mécanisme de financement de projets simplifié et réplicable pour un portefeuille de plus de 1,2 milliard d’investissements solaires en France et en Italie. Les due diligence complètes sont réalisées une seule fois, elles n’ont pas à être reconduites pour chaque nouvelle installation photovoltaïque (L’Agefi Hebdo du 3 juin 2010).

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