Axa Private Equity repart à la conquête des investisseurs

le 03/02/2011 L'AGEFI Hebdo

La société de capital-investissement va lever deux nouveaux fonds cette année. Elle souhaite également accélérer son développement dans les pays émergents.

Début d’année mené tambour battant pour Axa Private Equity (PE). Le 19 janvier, la société de capital-investissement, filiale d’Axa Investment Managers, a repris auprès de Bain Capital le chimiste français Novacap pour un montant de 240 millions d’euros. Une transaction qui lui permet de consolider sa présence dans ce secteur d’activité, après les acquisitions de l’allemand Cabb (2006) et du canadien Unipex (2008). Axa PE ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Même si elle se refuse à tout commentaire, la société fourbit désormais ses armes pour la reprise du voyagiste en ligne Opodo. Actionnaire majoritaire de GoVoyages, elle s’est alliée à Permira, propriétaire du site eDreams, pour rafler la mise. Objectif : marier les trois voyagistes en ligne pour en faire un leader européen du secteur.

Ce dynamisme s’inscrit en droite ligne d’une année 2010 que Dominique Gaillard, directeur général d’Axa PE, qualifie « de plutôt active, tant à l’achat qu’à la vente ». « Sur les fonds de fonds, nous avons investi ou engagé pas loin de 2 milliards de dollars, précise-t-il. Sur les fonds directs, nos investissements se sont élevés à 700 millions d’euros ». Insuffisant cependant pour renouer avec la croissance, ses encours stagnant depuis 2008 entre 25 et 26 milliards de dollars. « Cette situation s’explique par un équilibrage entre les fonds investis, les cessions réalisées et les levées de fonds », souligne Dominique Gaillard.

Des levées de fonds, il en sera justement question en 2011. Selon nos informations, Axa PE lève actuellement 1,5 milliard d’euros pour la deuxième génération de son fonds infrastructures, et 3,5 à 4 milliards de dollars pour la cinquième génération de son fonds secondaire, baptisé Axa Secondary Fund (ASF V). Doté de 2,9 milliards de dollars, le précédent véhicule ASF IV lui avait permis de réaliser deux opérations de prestige en 2010 : l’acquisition de parts de fonds de Bank of America et de Natixis Private Equity pour respectivement 1,9 milliard de dollars et 640 millions d’euros. La constitution d’un nouveau fonds doit permettre à la société de concrétiser ses ambitions dans le domaine des fonds de fonds, qui pèsent 13 milliards de dollars d’encours. « En 2011 et 2012, il devrait y avoir beaucoup d’opportunités, la réglementation poussant les banques à céder leurs portefeuilles, explique Jérémie Delecourt, en charge du développement chez Axa PE. Nous avons plusieurs opérations entre 500 millions et 1 milliard de dollars dans les tuyaux. »

Des ambitions, la compagnie n’en manque pas non plus dans le financement d’infrastructures. L’an dernier, la société s’est d’ailleurs illustrée en s’emparant de 50 % du capital d’Autopista Trados 45 en Espagne, gestionnaire d’une section d’autoroute près de Madrid, et en étant retenu, aux côtés de Vinci, pour le projet de TGV reliant Tours à Bordeaux. « Nous avons beaucoup d’appétit pour ce secteur qui possède un réel potentiel, confirme Dominique Gaillard. Pour l’heure, nous sommes surtout présents dans la zone euro. A horizon trois ans, nous espérons pouvoir développer cette expertise dans les pays émergents. »

Cap à l’est

Axa PE souhaite en effet accélérer son internationalisation, étant encore très concentrée sur la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. En ligne de mire, les pays d’Europe de l’Est où elle dispose, depuis 2008, d’un bureau à Vienne. « Nous avons deux opérations en cours, en Lettonie et en Croatie, sur lesquelles nous sommes bien avancés, précise Dominique Gaillard. Par ailleurs, depuis mai 2010, nous avons un partenariat avec la société Resource Partners en Pologne qui a déjà bouclé quatre opérations. 2011 sera pour nous une année active sur ces territoires. » Mais la société de capital-investissement regarde aussi beaucoup plus à l’est, notamment au Moyen-Orient. « Nous voulons développer nos activités dans cette région où nous avons un partenaire local, indique Dominique Gaillard. Nous avons commencé à recevoir des dossiers de capital-développement et nous espérons conclure une ou deux opérations en 2011. » Axa PE n’a donc pas fini de faire parler d’elle.

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