Alvaro Huete relie les pôles de syndication chez Société Générale

le 17/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Ses équipes en actions, obligations et crédits ont développé leurs synergies pour accompagner l’accélération de l’activité de la banque.

Responsable mondial de la syndication chez Société Générale, Alvaro Huete organise le brassage à grande échelle des informations et des idées. « Mise en place par le groupe en octobre 2009, la configuration du département syndication, comprenant à la fois crédits, obligations et actions, constitue un schéma unique dans l’industrie bancaire, indique Alvaro Huete. Nous prenons ainsi en compte l’interconnexion des marchés, nos clients réclamant une offre basée sur un continuum dettes-actions. » Pour suivre l’évolution de ces trois marchés, Alvaro Huete travaille en binôme étroit avec son bras droit. « Mon expérience et celle d’Alvaro sont différentes, mais en dehors des transactions très complexes dans un domaine ou l’autre, nos interventions se recoupent largement, raconte Terence Shanahan, responsable mondial adjoint de la syndication. Il est primordial de suivre les trois marchés à la fois, car actuellement, nombreuses sont les opérations de crédit bancaire refinancées ensuite sur le marché obligataire ou en actions. »

Clé d’une bonne appréhension des marchés, le dispositif permet aussi une démarche commerciale agressive. « Nous prenons notre décision de crédit avec plus de confort et pouvons dès le départ nous montrer plus agressifs sur notre offre de prise ferme », explique ainsi Damien Lamoril, coresponsable de la syndication de crédits en Europe. De fait, fruit de son approche volontaire, le groupe a progressé dans les classements pour atteindre, par exemple et selon IFR (groupe Thomson Reuters), la première place en France sur les obligations et les actions, la deuxième place en syndication de crédits sur la zone Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique)…

En pratique, les échanges et la collaboration entre les équipes spécialisées (un peu plus de cent personnes au total) par classes d’actifs sont systématisés. « Le comité exécutif de la syndication réunit chaque mois les responsables de chaque pôle pour aborder les sujets de stratégie, les transactions et échanger sur les tendances de marché, précise Alvaro Huete. De plus, les équipes font un point opérationnel quotidien, chaque pôle présentant une fois par semaine un état des lieux de son marché respectif. Enfin, le dialogue se poursuit au fil des transactions. »

Un dispositif souple

En pratique, les équipes sont réparties en fonction des besoins, la syndication actions étant concentrée à Paris, celle des crédits, pour répondre aux spécificités locales, se trouvant à la fois aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Espagne et en Asie. Côté obligations, « le cœur du dispositif de la syndication obligataire est à Londres, où se trouve le marché, avec trois pôles dessinés par type d’émetteurs, souverains, financiers et entreprises, explique par exemple Eric Cherpion, responsable mondial de la syndication obligataire. Ce qui reflète aussi l’organisation commerciale ».

Une souplesse du dispositif qui se retrouve dans l’attribution des responsabilités. « A la tête de la syndication du crédit, la répartition des tâches entre Tanneguy de Carné et moi n’obéit pas à une règle stricte, l’important étant la disponibilité à tout moment d’un décideur », remarque ainsi Damien Lamoril. Son alter ego se partage en outre entre la syndication et l’origination où il dirige le pôle high yield. « Mon activité à la tête de la syndication des obligations à haut rendement date de 2005, où j’ai monté cette activité pour Société Générale, précise Tanneguy de Carné, coresponsable de la syndication de crédits en Europe et responsable des marchés de capitaux high yield. Il s’agit d’un métier un peu différent dans les techniques de montage, avec des processus plus fastidieux compte tenu de la nature publique des émissions, et l’activité, en forte progression, relève d’équipes très spécialisées. » Autre particularité de l’organisation globale, une direction se consacre, tous financements confondus et sous la houlette de Catherine Aubert, aux relations avec les assureurs.

Le rôle central de la syndication est de mettre à la disposition des originateurs son expertise en matière de pricing et de distribution. « Il s’agit de faire bon usage des fenêtres d’opportunité du marché pour lancer les opérations, qu’il s’agisse d’actions, d’obligations ou de crédits syndiqués, la crise ayant rappelé que les choses pouvaient changer très vite », souligne Alvaro Huete. Ses équipes sont ainsi impliquées très en amont dans les négociations avec les clients et jouent un rôle clé dans les décisions. « Aucune opération - introduction, émission de convertibles, augmentation de capital ou placement de bloc - n’est lancée sans notre aval, confirme Luis Vaz-Pinto, responsable mondial de la syndication actions. Il nous faut ensuite motiver les forces de vente qui se serviront de nos arguments, en plus de la recherche, pour convaincre les investisseurs. Enfin, nous sommes responsables du bon déroulement du placement et nous centralisons les ordres pour suivre leur progression. » Côté crédit, les transactions engagent le bilan de la banque et mobilisent le plus gros des troupes. « La présence d’anciens ‘traders’ dans nos équipes est importante, car ils comprennent bien les risques associés à une opération et se montrent capables, au besoin, de refuser une transaction ou d’en renégocier les termes, relève Eric Cherpion, responsable mondial de la syndication obligataire. Le risque représente en effet notre principale préoccupation, les montants en jeu étant très importants. » Eclairage essentiel aux décisions, les échanges avec les vendeurs sont permanents, les équipes ayant aussi des contacts directs avec les investisseurs institutionnels importants, désireux de leur côté de recueillir ainsi une vision sur le marché primaire.

Sens du contact

Un va-et-vient entre le marché et les clients qui nécessite des compétences précises. « Les équipes sont composées soit de professionnels issus des lignes métiers, soit de jeunes recrues avec deux ou trois ans d’expérience, formées par nous, explique Tanneguy de Carné. Le métier requiert un sens du contact personnel, s’agissant de se créer un réseau de relations avec les banquiers internes, avec les investisseurs et avec d’autres intervenants du marché. Enfin, il faut une capacité d’analyse rapide pour voir les points à mettre en valeur lors de la présentation du crédit aux investisseurs. » Sans précipitation toutefois, car la multiplicité des contacts obéit à des exigences précises. « Ayant accès à tout le calendrier d’opérations primaires de la banque ainsi qu’aux informations de ‘trading’ auxquelles la banque d’investissement ne peut normalement pas accéder, nous disposons d’une position privilégiée mais aussi délicate, qui requiert beaucoup de déontologie et d’attention dans l’exercice quotidien de notre activité », confie Luis Vaz-Pinto. La syndication constitue décidément un exercice d’équilibre.

L'EQUIPE

Louis Vaz-Pinto, 42 ans, responsable mondial de la syndication actions

Eric Cherpion, 40 ans, responsable mondial de la syndication obligataire

Tanneguy de Carné, 47 ans, coresponsable de la syndication de crédits en Europe et responsable des marchés de capitaux high yield

Damien Lamoril, 47 ans, coresponsable de la syndication de crédits en Europe

Alvaro Huette, 47 ans, responsable mondial de la syndication

Terence Shanahan, 52 ans, responsable mondial adjoint de la syndication

Catherine Aubert, responsable de l’assurance du risque crédit et du risque politique

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