AlphaValue pourrait élargir son champ de la recherche action au crédit

le 04/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Les accords de commercialisation noués avec des courtiers européens apportent de nouvelles sources de revenus. Et permettent d'envisager une diversification.

Illustration: PHB/Agefi

Un spécialiste de l’évaluation des sociétés. C’est ainsi que se décrit aujourd’hui AlphaValue, qui ne veut plus être cantonné à l’image d’un bureau de recherche action. Il ne s’agit pas d’une simple nuance mais bien de l’évolution d’un modèle, rendue nécessaire par la crise. « Nous essayons de développer des métiers qui capitalisent sur ce savoir-faire », revendique d’ailleurs Pierre-Yves Gauthier, directeur de la recherche et l’un des fondateurs d’AlphaValue. Cette stratégie se décline sur deux axes : donner plus de visibilité à la recherche et investir de nouveaux domaines d’activité.

Pour mieux se recentrer sur ce qu’il sait le mieux faire - l’analyse -, AlphaValue a signé une série de partenariats avec des brokers (courtiers) européens auxquels il confie la commercialisation de sa recherche, contre un pourcentage des droits de courtage. Le dernier en date, signé cet été avec LFG Kronos, lui permet de renforcer sa présence commerciale en Allemagne, en Autriche, en Suisse et aux Pays-Bas. Il fait suite à des partenariats similaires conclus en Espagne et en Italie. « Ce sont des accords gagnant-gagnant, explique Pierre-Yves Gauthier. Pour ces 'brokers', il s’agit de pouvoir vendre de la recherche à leurs clients, sans pour autant assumer des coûts fixes importants. Il faut en effet savoir que monter un bureau de recherche peut coûter jusqu’à 20 millions d’euros - moins dans notre cas car nous avons mis en place un système de production performant. » Les courtiers relativisent le coût de la recherche puisqu’ils ne reversent à AlphaValue qu’une partie des commissions de courtage. « De notre côté, les avantages ne sont pas négligeables, poursuit Pierre-Yves Gauthier. Nous multiplions notre force de vente, en passant de 4 vendeurs (en interne) à 17 (avec l’ensemble des trois 'brokers'). En outre, nous ne bradons pas notre recherche car le pourcentage que nous recevons pour sa commercialisation est progressif en fonction des volumes de courtage ! » La société espère générer ainsi de substantiels revenus additionnels.

Essaimage

En parallèle, le bureau de recherche poursuit une diversification de ses activités, avec jusque-là deux initiatives importantes. Il a répliqué son modèle sur la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord) à travers AlphaMena, en Tunisie. AlphaValue détient 35 % de sa petite sœur. « AlphaMena est la preuve que l’on peut déployer notre savoir-faire sur un autre marché, estime Pierre-Yves Gauthier. L’idée est maintenant de répliquer cette expérience sur l’Europe centrale et l’Amérique latine. » Autre initiative, la création avec Altares, le spécialiste de l’information sur les entreprises, d’une structure appelée AltaValue pour valoriser des sociétés non cotées. Ces services peuvent intéresser l’entreprise en interne (par exemple pour les programmes d’intéressement des cadres), mais également lui faire prendre conscience de sa valeur dans les négociations avec ses partenaires, notamment bancaires.

Dans cette logique de diversification autour de la valorisation des entreprises, la prochaine étape pourrait être le crédit. « Nous allons accompagner l’intérêt des investisseurs pour le crédit en travaillant sur une offre de type 'rating' à partir de notre culture 'equity', révèle Pierre-Yves Gauthier. Nos outils permettent une immense réactivité sur cette classe d’actifs. C’est une prolongation naturelle de notre savoir-faire et nous jouissons d’une très large couverture, bien au-delà des sociétés notées. » Mais le franchissement de cette étape ne sera sûrement pas aussi aisé que pour les précédentes : la notation fait actuellement l’objet de toutes les attentions et donc de toutes les précautions.

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