L'avis de... Gregori Volokhine, président Meeschaert Capital Markets New York

« Un allié que l’on préfère laisser dans l’ombre »

le 26/04/2012 L'AGEFI Hebdo

Avez-vous apprécié les résultats de Goldman Sachs, supérieurs aux attentes ?

Pas vraiment ! Tous les signes montrent que Goldman Sachs est en train de devenir une banque comme les autres. Le retour sur fonds propres est passé de 14,5 % à 12,2 %. C’est comparable à celui d’un JPMorgan (12 %). Auparavant, l’institution nous avait habitué à surclasser ses concurrents dans ce domaine. Par ailleurs, l’exposition au risque, qui est un indicateur très suivi dans le contexte actuel, montre, là encore, que Goldman Sachs ne se distingue plus des autres établissements. On constate, ce trimestre, moins de prises de risque, moins d’investissements et moins de recours à des effets de levier. Enfin, sur la partie conseil et opérations financières, on note une baisse sensible qui prouve que cette banque a perdu son aura. Dans ce secteur d’activité, elle passe même en quatrième position. Toutefois, il faut relativiser. Ce ne sont pas de mauvais résultats, mais cela montre clairement que l’on a changé d’époque.

Est-ce que le phénomène pourrait s’accélérer dans les prochains mois ?

Cela va dépendre essentiellement de l’environnement politique et économique. Si l’on va vers plus de régulation, cela pénalisera fortement les activités de marchés qui sont très importantes pour Goldman. Pour ce qui concerne le métier du conseil, Goldman Sachs n’est plus incontournable. Et, dans certains cas même, un allié que l’on préfère laisser dans l’ombre. Le départ d’un certain nombre de partenaires ces derniers mois montre bien que l’institution est à la recherche d’un second souffle.

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