L'avis de... Pierre Reboul, associé chez Roland Berger

« Les activités de BFI sont 50 % plus rentables en Europe qu’en Asie »

le 07/07/2011 L'AGEFI Hebdo

Toute l’Asie est-elle un eldorado pour les banques de financement et d'investissement (BFI) ?

Les situations sont très différentes d’un pays à l’autre. La Chine est un très gros marché comme le Japon, Hong Kong et Singapour, mais c’est aussi le plus régulé, notamment pour la banque d’investissement (fusions-acquisitions et marchés primaires, NDLR) qui restent une source de fantasmes pour les étrangers. Les marchés de capitaux ne représentent qu'environ 10 % des revenus des BFI dans le pays, contre 45 % pour Hong Kong et Singapour. Ces deux places sont les plus ouvertes, avec l’Australie, et constituent des marchés de capitaux mûrs (avec le Japon et la Corée du Sud), alors que la Chine continentale reste un marché de banque commerciale. Les autres pays, comme l’Indonésie et la Malaisie, sont plus secondaires.

Quelles sont les perspectives dans la région ?

Les banques sont attirées par la forte croissance des entreprises locales de taille moyenne et de l’Asie du Sud-Est. Elles misent aussi sur l’appétit des investisseurs locaux pour le risque, donc pour des produits structurés à marges élevées, et sur des volumes de courtage importants. Mais elles se heurtent à des obstacles réglementaires, à des défis dans la gestion des risques (par exemple pour mener des émissions primaires), à la nécessité d’arbitrer entre les différentes places et à la pénurie de talents. Selon nos estimations, les activités de BFI sont 50 % plus rentables en Europe qu’en Asie où les marges sont plus faibles, du fait d’un mix produits moins élaboré, dominé par les financements vanille aux marges faibles.

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