Les acteurs du capital-investissement fructifient dans les régions

le 11/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Les opérations de haut de bilan se multiplient dans les caisses régionales du Crédit Agricole pour atteindre un montant global significatif.

Les acteurs du capital-investissement fructifient dans les régions

Si les groupes bancaires se sont beaucoup désengagés de grandes filiales de capital-investissement (private equity), ils n’ont pas totalement abandonné le terrain. « La réglementation prudentielle a accru les exigences en termes de solvabilité, passant le besoin en Core tier one de 4 % à 8 % avec Bâle 3, et de liquidité », rappelle Bertrand Corbeau, directeur général de la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA). La cession, l’an dernier, de Crédit Agricole Private Equity (CAPE), qui gérait environ 3,7 milliards d’euros fin 2011, à Coller Capital en a été l’une des conséquences. « Il ne s’agissait ni de conserver CAPE, ni de délaisser l’activité, insiste Bertrand Corbeau, mais de répondre à un objectif : le financement de l’économie. » De fait, le capital-investissement se développe encore, dans une approche de proximité. Inscrite dans les gènes mutualistes, celle-ci a d'ailleurs conduit Crédit Mutuel Arkéa à fonder Arkéa Capital Partenaire, doté de 400 millions d’euros (L’Agefi Hebdo du 22 novembre 2012).

Dans ce contexte, le groupe Crédit Agricole peut finalement se targuer d’une activité dynamique (voir le tableau). Entre 2009 et 2012, ses caisses régionales ont continué à soutenir les entreprises petites et moyennes (PME) ou de taille intermédiaire (ETI), toujours en position minoritaire et souvent en « pool ». Elles peuvent ainsi revendiquer 450 millions d’euros d’investissements sur la période, avec 115 millions de flux vers 87 nouvelles sociétés l’an dernier. Leur activité est dès lors supérieure à celle de Société Générale Capital Partenaires qui a investi en 2012 environ 40 millions d’euros dans 17 PME françaises pour le compte propre de Société Générale ou à celle de BNP Paribas Développement. Avec cette structure intégrée à son pôle de banque de détail, qui ne prend que des participations minoritaires, le groupe de la rue d’Antin, qui s’était engagé à ouvrir une enveloppe de 100 millions d'euros, a accompagné 84 PME en fonds propres ou quasi-fonds propres l’an dernier.

L’échelle nationale

Crédit Agricole, et ses 39 caisses régionales, se distingue aussi par son organisation fondée sur 28 entités régionales de capital-investissement, dont 25 disposant du statut de société de capital-risque (SCR). Ensemble, elles gèrent 875 millions d’euros, dont 97 % en capital-développement, capital-transmission et rachat de minoritaires (3 % en amorçage). « Totalisant 50 investisseurs dans 20 villes, chaque entité intervient sur son territoire avec son centre de décision dans la région, ses objectifs et sa rentabilité propre », précise Christophe Blanchy, président du Club Haut de bilan du Crédit Agricole. Souvent de cinq à sept ans, les investissements d’Unexo (23 millions d’euros en 2012), la société codétenue par neuf caisses régionales du Grand Ouest qu’il dirige, offrent ainsi un taux de rendement interne de 15,2 % brut en moyenne à la sortie. Au sein d’une SCR en codétention, telle Unexo qui a bénéficié d’une augmentation de capital de 58 millions d’euros en avril, seules et en direct, ou par le biais de fonds gérés par des tiers, les caisses régionales couvrent finalement la plupart des secteurs d’activités, avec toutefois un tiers de leurs investissements dans la filière agro-agri.

Bien sûr, chaque groupe bancaire dispose de différentes entités intervenant dans le private equity, une classe d’actifs incontournable de la gestion. C'est le cas de Crédit Agricole qui détient encore deux acteurs nationaux : Sodica Capital Investissement, spécialisé dans l’agroalimentaire, et Amundi Private Equity Funds, qui ont investi 177 millions d’euros en 2012 dans 115  entreprises. Pour Amundi Asset Management (75 % Crédit Agricole, 25 % Société Générale), l’activité de private equity en prises de participations minoritaires (1 milliard d’engagements en 2012 avec des tickets de 1 à 5 millions d’euros) et via des fonds de fonds (3 milliards), reste certes modeste rapportée à près de 750 milliards d’euros d’actifs sous gestion (au 31 mars). Mais la banque verte peut, elle, afficher 2,2 milliards d’euros d'encours en capital-investissement lorsqu'ils sont d’environ 800 millions pour BNP Paribas Private Equity (au sein d’Investment Partners) et de près de 2,7 milliards pour Crédit Mutuel CIC (CM-CIC Capital Finance), l’acteur le plus important du marché qui continue en outre à prendre des positions majoritaires.

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