ACG participe activement à la consolidation du private equity

le 14/03/2013 L'AGEFI Hebdo

Le prisme de la société d’investissement se révèle très français. Elle souhaite désormais élargir sa base d’investisseurs internationaux.

Rachat d’AGF Private Equity (PE) par l’Idi, acquisition de l’essentiel des activités pour compte propre de Natixis PE par Axa PE, reprise d’Ofi PE Capital par Eurazeo… : la consolidation du capital-investissement français se poursuit et ACG, qui a réalisé cinq acquisitions en l’espace de deux ans dans l’Hexagone, en est un des principaux meneurs. Après avoir mis la main sur le fonds de multigestion Gimar, puis sur les gérants d’OPCVM Sigma Gestion (Sigma), Viveris Management (Viveris) et Ipsa en 2011, ACG doit finaliser le mois prochain la reprise de la société de gestion Groupama PE. « Nous souhaitions atteindre une taille critique pour devenir plus crédibles dans le domaine des levées de fonds », confie Jean-François Court, directeur général d’ACG. En intégrant les encours de Groupama PE (1,6 milliard d’euros, dont 1,4 milliard issu des fonds de fonds de Quartilium et 200 millions d’euros liés à ActoMezz), les actifs sous gestion d’ACG s’élèvent à 3,3 milliards d’euros. L’objectif de taille désormais atteint, le cap sera mis sur l’intégration des différentes entités et la recherche de synergies. « Viveris a lancé un FCPI (fonds commun de placement dans l’innovation, NDLR) qui est également proposé aux clients de Sigma, indique Jean-François Court. Par ailleurs, nous pourrions dans l’avenir étudier des rapprochements d’équipes. »

ACG ne s’interdit pas pour autant d’autres opérations de croissance externe. « Dans la perspective des évolutions réglementaires touchant les banques et les assureurs, de nombreuses opportunités vont continuer à émerger à travers l’Europe, mais également au-delà. Nous constatons un retour aux sources du capital-investissement, originellement indépendant, explique Wladimir Mollof, président d’ACG. Nous souhaitons acquérir une dimension plus internationale et accéder ainsi aux investisseurs étrangers, frileux à l’égard de la France en raison d’une instabilité fiscale constante. Nous sommes d’ailleurs engagés dans un partenariat possible, qui nous permettrait d’élargir notre base d’investisseurs internationaux (composée actuellement à 85 % d’acteurs français et à 95 % européens, NDLR). »

Une palette d’offres élargie

Sur le premier semestre 2012, les levées de fonds en France ont atteint 1,8 milliard d’euros, « représentant seulement 28 % du montant collecté en 2011 », déplorait en fin d’année Louis Godron, président de l’Afic (Association française des investisseurs pour la croissance), dans le cadre d’une étude réalisée avec Grant Thornton. La contribution des investisseurs étrangers a chuté à 27 % des fonds collectés, contre 52 % sur l’ensemble de 2011.

Initialement spécialisé dans les fonds de fonds, ACG élargit progressivement sa palette d’offres au gré des acquisitions, se dotant d’un pôle de fonds directs, plus rémunérateurs en termes de commissions, et d’une expertise en mezzanine (héritée prochainement de Groupama PE). « Je souhaiterais développer à terme un pôle dette », confie Wladimir Mollof. ACG travaille parallèlement au lancement d’un fonds aéronautique, visant 1,5 milliard d’euros. « Ce véhicule sera destiné à l’acquisition d’avions gros porteurs qui seront confiés en 'leasing' aux compagnies aériennes, souligne Jean-François Court. Le rendement, de 5,5 % par an, répond à la demande des institutionnels, qui peinent aujourd’hui à trouver des revenus financiers récurrents et significatifs. » ACG a par ailleurs lancé l’an passé un pôle immobilier, ACG Real Estate. « Il s’agit là encore de répondre à la demande de nos clients, poursuit-il. Nous participons pour le moment principalement à des ‘club deals’. »

Gérant 600 millions d’euros via des fonds dédiés (près de 20 % des encours), ACG entend se développer dans cette spécialité. Face aux conditions de levées difficiles, ACG a été contraint de transformer son véhicule ACG Europe 8, fonds de fonds qui visait 250 millions d’euros, en un véhicule dédié, de 80 millions. « Un nombre croissant d’investisseurs, désireux de plus de transparence et de souplesse en termes de 'reporting', se tourne vers des structures sur mesure », observe Wladimir Mollof. 

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