L'avis de... Bernard Descreux, directeur de la gestion d’actifs à la direction des financements et investissements d’EDF

« Un accès à l’expression pure de nos vues de marché »

le 16/02/2012 L'AGEFI Hebdo

Quels principes guident votre utilisation des ETF (« exchange-traded funds ») ?

Nous pratiquons la gestion indicielle de façon dynamique, sa part variant avec les phases de marché. Nous avons récemment réduit sa part en zone euro car nous pensons que les marchés vont rester volatils et il convient donc de privilégier les gérants dont la marge de manœuvre leur permet de mieux réagir aux évolutions. A l’inverse, aux Etats-Unis où notre vision est plus claire et où les élections en vue calment le jeu politique, nous avons davantage recours à la gestion indicielle pour tirer parti de cette tendance. En l’occurrence, nous avons recours à un indice de valeurs moyennes, partant de l’idée que la croissance américaine va favoriser l’économie domestique, plutôt que, comme l’an dernier, les exportations vers les pays émergents. Les ETF nous donnent ainsi accès à l’expression pure de nos vues de marché, sans qu’elle soit déformée un tant soit peu par le choix des gérants.

Quels instruments indiciels priviligiez-vous ?

Entre fonds indiciels et ETF, nous n’avons pas de préférence a priori, tout dépend des instruments disponibles et des frais de gestion, sachant que nous investissons à long terme, notre gestion portant sur des actifs dédiés à la couverture de nos engagements nucléaires. Comprenant des frais directs, indirects, des commissions liées à des opérations de hors bilan, les ETF ne sont pas le produit simple qu’on voudrait nous faire croire : qu’ils soient à réplication physique ou synthétique, ils comportent une part de risque de contrepartie. D’où les efforts des fabricants français pour être plus transparents sur leur composition.

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