Brenda Rainey, manager, Private Equity, Practice Area, Bain & Company

«Miser sur les compétences pour se démarquer»

le 27/03/2014 L'AGEFI Hebdo

En quoi la liquidité disponible (« dry powder ») peut-elle constituer une menace pour la reprise du secteur ? D’après le rapport de Bain « Global Private Equity 2014 », la collecte de fonds en 2013 a gonflé le stock dedry powder à plus d'un trillion de dollars, dont un tiers rien que pour lesbuy-outs. Cette injection de nouveaux capitaux redonne du souffle aux firmes. Mais, combiné avec des marchés actions et de dette robustes, ces liquidités renchérissent les valorisations et exacerbent la concurrence. Aux fonds de redoubler d'efforts pour dénicher des opportunités capables de générer les profits escomptés et de s’activer pour ajouter de la valeur aux biens qu'ils acquièrent afin d’en tirer des gains réels. L’essor des co-investissements et des investissements directs par les « limited partners » (LPs) modifie-t-il la donne ? Bien que difficile à quantifier et encore modeste, leshadow capital s’ajoute au niveau déjà élevé dedry powder. Compte tenu du grand intérêt des investisseurs institutionnels pour ces nouvelles relations – parfois à la place de leur rôle traditionnel deLPs– leshadow capital est amené à croître. Mais à ce stade, seule une poignée d'investisseurs a les moyens de rivaliser directement avec les fonds pour les LBO en direct, et même les plus grands d’entre eux préfèrent s'associer à des fonds. Qu’en est-il de la stratégie des fonds ? L'environnement post-crise plus compétitif modifie l'équilibre de l'offre et la demande, obligeant les fonds à miser sur leurs compétences stratégiques pour se démarquer de leurs pairs. Si la croissance demeure importante en 2014, elle n'est plus une condition suffisante du succès. Bain préconise une stratégie de différenciation pour accentuer leur spécificité – par secteurs, régions ou types de transactions.

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