Alvarez & Marsal veut doubler de taille en France d’ici à trois ans

le 25/11/2010 L'AGEFI Hebdo

Le bureau parisien fêtera ses dix ans l’an prochain et renforce ses équipes pour intervenir dans des entreprises soucieuses de leur performance.

Une adresse rue Royale à Paris, le prix du « retournement » de l’année pour Rossignol, trois contrats signés la même semaine : « 2009 a été un très bon millésime pour notre secteur d’activité. Et 2010 est une année record pour Alvarez & Marsal », se réjouit Douglas Rosefsky, managing director (MD) d’Alvarez & Marsal (A&M) France. Ce bureau du cabinet de conseil new-yorkais célèbre pour son action chez Lehman Brothers (L’Agefi Hebdo du 5 février 2009) doit à présent franchir une nouvelle étape : « Nous allons doubler de taille sous deux à trois ans », annonce Douglas Rosefsky, qui emploie quinze salariés, tous expérimentés. Cet Américain de 42 ans, entré en 1999 chez A&M, accueillera la semaine prochaine un nouveau senior director : Christophe Bouthors, ex-directeur financier d’Akerys (immobilier résidentiel).

Des profils franco-français

Deux senior advisors sont attendus courant 2011 : des conseillers propres à épauler des équipes qui ne bénéficient pas de support marketing. Le concept a été testé aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Par ailleurs, « nous sommes en train de recruter deux ‘managing directors’ dont l’un pourrait devenir coresponsable du bureau de Paris à mes côtés », ajoute Douglas Rosefsky. Il remplacerait alors Patrick Puy, le dernier PDG de Moulinex, directeur d’A&M France depuis 2004, parti chez TDF. Mais il s’agit aussi de renforcer l’équipe « Amélioration de performance opérationnelle » avec « plusieurs recrutements complémentaires en 2011 ».

Les prochains MD devraient être français, car 80 % des missions du bureau parisien sont originaires du pays et 90 % ne relèvent pas d’un appel d’offres. Si la restructuration de Lehman a « augmenté la notoriété de la marque », confirme Douglas Rosefsky, elle ne constitue pas la référence absolue pour A&M France : « Nos clients ont un chiffre d’affaires moyen de 100 à 300 millions d’euros », note le MD. La capacité de mobiliser un collaborateur d’un autre bureau - d’Italie pour Rossignol ou des Etats-Unis pour un prochain dossier - est néanmoins un « plus ». « Le cabinet emploie 1.700 personnes dans le monde, dont 300 en Europe : toutes salariées. Cela assure la qualité du service et permet de s’appuyer sur un réseau international d’expertises (quinze bureaux dans le monde, NDLR), quels que soient le domaine et la fonction, pour des problématiques spécifiques », souligne Douglas Rosefsky.

Déjà aussi nombreuses que celles du conseil, les missions de management pourraient encore croître, grâce notamment à un modèle de rémunération incitatif, que son principal concurrent AlixPartners (L’Agefi Hebdo du 17 septembre 2009) applique aussi. « Nous pouvons intervenir pour une phase d’audit, qui dure trois à six semaines. Mais nous pouvons aussi aligner nos intérêts avec le client qui souhaite nous faire intervenir de façon opérationnelle en différant une partie des honoraires sur cette seconde phase et en la conditionnant à la réussite durable des objectifs que nous avions fixés », explique le MD qui n’indique ni tarif horaire, ni chiffre d’affaires pour son entité liée à la direction européenne. Ainsi, la durée des missions d’A&M est en général de six mois et peut atteindre 18 mois (But ou Rossignol) à deux ans (National Tobacco et Lehman).

Si les fonds de capital-investissement, qui lui apportent plus de la moitié de ses affaires, lui demandent d’« évaluer en amont d’acquisitions l’aspect opérationnel de leur thèse d’investissement et la capacité du management à mener l’entreprise vers la croissance, nous intervenons de plus en plus pour des missions de management », insiste Douglas Rosefsky. Et dans deux tiers des cas, celles-ci n’ont pas une composante significative de restructuration. Un atout en sortie de crise.

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