Fin de l’âge d’or pour les levées

le 18/11/2010 L'AGEFI Hebdo

« De nombreux institutionnels n’ont pas retrouvé les niveaux ‘d’avant-crise’ sur les autres classes d’actifs, et notamment sur les actions cotées, rappelle Antoine Dréan, fondateur de la société de conseil en placement Triago. Mécaniquement, leur allocation proportionnelle dans les fonds de LBO (‘leveraged buy-out’) doit diminuer. » Même Astorg Partners, l’une des équipes les plus performantes, a reconnu, lors de la conférence MergerMarket du 9 novembre, que 7 de ses 35 investisseurs historiques ne viendront pas dans son prochain véhicule de 800 millions d’euros. Cette équipe devra aller là où se trouvent désormais des liquidités, c’est-à-dire notamment en Asie, ce qui demande un gros effort de pédagogie. 20 % à 40 % des offres pourraient ainsi essuyer des refus, estiment les spécialistes, et au moins autant des baisses sensibles des tickets placés par les plus grandes institutions américaines, qui allaient jusqu’à miser plusieurs centaines de millions de dollars sur un seul fonds en 2007. Blackstone a ainsi dû réduire d’un tiers sa dernière levée, bouclée cet été à 13,5 milliards de dollars au lieu des 20 espérés.

« Un moindre appétit pour le risque replace les fonds de dette, de financement d’infrastructures ou de ‘private equity’ secondaire au premier plan devant les LBO », poursuit Antoine Dréan, rappelant que cette classe d’actifs compte aussi des rendements extrêmement hétérogènes. Si l’anglais Doughty Hanson vient de liquider son fonds II avec un TRI (taux de rendement interne) de 84 %, beaucoup ne devraient plus rapporter les 20 % espérés - le State Street Private Equity Index donne un TRI moyen de 11,4 % pour 849 fonds de LBO au 30 juin -, et une partie restera sous les 8 % net au-dessous desquels les gérants ne perçoivent pas leur part de la plus-value (carried interest). De quoi entrevoir à moyen-long terme une consolidation naturelle sur ce métier aussi…

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