Les fonds equity d’infrastructures français ont la cote

le 12/03/2019

Les levées de fonds ont plus que doublé pour atteindre 12,1 milliards d’euros l’an dernier, selon la deuxième étude publiée par France Invest et l’AFG.

chantier de construction d’une autoroute
Les investissements en infrastructures, notamment la commande publique, ont diminué.
(Chantier de construction d’une autoroute © European Union EC Eugen Olarius)

Les levées de capitaux des fonds d’infrastructures français ont fortement accéléré en 2018. Après avoir collecté 6,8 milliards d’euros en 2017, les véhicules hexagonaux ont plus que doublé les montants levés l’an dernier, à 14,6 milliards, selon la deuxième étude publiée par France Invest (ex-Afic) et l’Association française de la gestion financière (AFG) sur cette classe d’actifs. Une nette accélération qui traduit le très fort intérêt pour les fonds en capital (equity), qui ont quasiment triplé leur collecte, à 12,1 milliards d’euros. Moins mature, le marché de la dette d’infrastructures a quant à lui fléché 2,5 milliards d’euros vers les fonds français, un niveau en ligne avec le montant de 2017.

«Ces chiffres soulignent l’attrait de la classe d’actifs et l’appétit des investisseurs institutionnels, particulièrement fort par des temps de forte volatilité », constate René Kassis, président de la commission financement de l’AFG et directeur de la gestion dette privée de La Banque Postale AM. Les assureurs et les fonds de pension ont ainsi représenté respectivement 46% et 31% des capitaux levés par les fonds equity. Autre constat prometteur, ces derniers ont généré 70% de leurs levées de fonds auprès d’investisseurs étrangers. Si les investisseurs européens représentent près de la moitié des levées internationales, les investisseurs asiatiques et moyen-orientaux ont porté leur mise à 2,8 milliards l’an dernier.

Parallèlement à cet afflux de liquidités, les investissements ont à l’inverse diminué, passant de 7,7 à 6,5 milliards d’euros. Sur le segment en capital, les investissements «greenfield» (nouvelles infrastructures) ont baissé de 1,8 milliard à 591 millions d’euros en 2018, tandis que les investissements « brownfield » (infrastructures existantes) ont augmenté de 2,7 à 3,3 milliards. Ces tendances sont cependant loin de témoigner d’un manque d’opportunités d’investissement, selon Vincent Levita, fondateur et président d’InfraVia. « La commande publique a ralenti mais d’autres moteurs fonctionnent », pointe-t-il, en référence notamment à la transition écologique.

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