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Vers une gestion d’actifs plus durable et plus responsable

Société Générale
le 22/12/2017

Vers une gestion d’actifs plus durable et plus responsable

Si le secteur de la finance doit contribuer à la réalisation des objectifs de 2030 fixés par les 17 objectifs des Nations unies (Onu) en matière de développement durable, alors le secteur de la gestion d’actifs en est l’une des clés. Les capitaux contrôlés par ce secteur sont énormes. Le poids culturel et commercial des gros investisseurs et principaux gestionnaires de fonds est considérable.

Heureusement, les perspectives sont prometteuses. L’industrie de la gestion d’actifs est de plus en plus engagée en faveur objectifs de la finance durable et à impact positif.

« Trois raisons principales expliquent ce vif intérêt », explique Isabelle Millat, Responsable des Solutions d'Investissement Durable pour les  activités de marché de Société Générale. « La première explication est liée au fait qu’il existe de plus en plus de preuve que le couple risque/rendement s’améliore si l’on adopte les critères ESG [environnement, société, gouvernance] au sein de critères d’investissement plus globaux ».

« Deuxièmement, la volonté d’avoir un impact environnemental ou social positif est motivée par les détenteurs finaux des actifs : les investisseurs ».

« Et la troisième raison est liée aux incitations réglementaires. En France, l’article 173 de la loi relative à la transition énergétique renforce les exigences de reporting ESG pour les investisseurs institutionnels, y compris les détenteurs d’actifs et les gestionnaires de placements. Ainsi, ceux qui ne seront pas influencés par la première ou la deuxième raison, le seront par cette troisième contrainte réglementaire ».

Cette motivation à trois volets signifie que les actifs ESG augmentent rapidement. Le rapport de recherche Global Sustainable Investment Review 2016, publié par la Global Sustainable Investment Alliance, a calculé qu’il y avait 22,89 billions de dollars d’actifs gérés par des professionnels dans le cadre de stratégies d’investissement responsable au moment de sa publication, soit une hausse de 25 % par rapport à 2014. En ce qui concerne l’ensemble des actifs gérés par des professionnels à travers le monde, l’investissement responsable représente 26 % du total. Le rapport affirme ainsi catégoriquement : « L’investissement durable constitue clairement une force majeure sur les marchés financiers mondiaux ».

Il conviendra de noter qu’il existe des points de désaccord quant à la définition de l’investissement durable. Le rapport comporte ainsi sept catégories :

1. Sélection négative / par exclusion,

2. Sélection positive / le meilleur par catégorie,

3. Sélection suivant des normes,

4. Intégration des facteurs ESG,

5. Investissement durable par thème,

6. Investissement à impact social/communautaire et

7. Engagement de l’entreprise et pouvoir des actionnaires.

La première de ces catégories, l’investissement par exclusion, est la stratégie la plus courante, avec 15,02 billions de dollars sous gestion. Elle est suivie par l’intégration de l’ESG avec 10,37 billions de dollars. Toutefois, il n’existe encore aucun accord ni harmonisation imminente des définitions ou des méthodes.

« La finance durable et à impact positif est toujours vue à travers des prismes différents » précise Florent Deixonne, responsable des nouveaux produits et de la gouvernance risques et responsable ISR au sein de LYXOR, la filiale de gestion d’actifs de Société Générale. « D’aucuns la considèrent comme une façon d’investir dans des projets environnementaux au sens large, associant rentabilité financière avec impact. D’autres la voient comme un moyen de trouver des opportunités ignorées des investisseurs traditionnels et donc comme un moyen de surpasser les performances des benchmarks. D’autres encore pensent qu’ils doivent accepter des rendements inférieurs et leur seul critère est alors de créer un bénéfice social ».

Il plaide en faveur d’un vocabulaire standardisé pour que le secteur soit en mesure de partager un socle commun.

Certains investisseurs sont tellement importants qu’ils utilisent leurs propres critères personnalisés. Par exemple, le fonds souverain norvégien, qui dispose d’un billion de dollars sous gestion, opère peu à peu une transition vers l’investissement durable. La banque centrale norvégienne, qui gère ce fonds, a récemment conseillé au gouvernement de se désengager des secteurs du pétrole et du gaz. Ce changement a été salué par les écologistes, même si la déclaration officielle insistait sur les risques que courent les investissements associés aux hydrocarbures : « Le rendement des actions liées aux secteurs pétroliers et gaziers a connu une baisse considérablement plus marquée que le reste du marché actions pendant les périodes de recul des prix du pétrole », a expliqué la banque centrale dans un communiqué. « Par conséquent, la banque estime que la richesse du gouvernement sera moins exposée à une chute permanente des cours du pétrole si le GPFG [le fonds souverain norvégien] n’est pas investi dans des actions pétrolières et gazières ».

Cette tendance que l’on voit en Norvège se retrouve également au Japon. Le fonds d’investissement des pensions du gouvernement japonais, d’un montant de 1,4 billion de dollars, a annoncé qu’il cherchait des fournisseurs d’indices boursiers mondiaux ESG. En juillet, le Fonds a atteint son premier milliard d’investissement ESG en 2014 pour atteindre les 473,6 milliards de dollars en 2016. C’est un bond énorme (bien qu’il s’explique il est vrai par des changements d’affectation. Selon le Forum du Japon sur les investissements durables, l’ensemble du marché durable au Japon a augmenté de 7 milliards de dollars).

Les investisseurs changeront également de comportement lorsque les bons produits seront disponibles. Pour développer le marché, les banques doivent constamment innover avec des produits qui répondent aussi bien aux besoins financiers personnalisés des investisseurs qu’à leurs dernières priorités ESG : par exemple, en 2017, Société Générale a lancé une gamme d’indices alliant Equity Risk Premia et ESG, et des solutions structurées qui favorisent la finance à impact positif.

Les ETF sont également de bons véhicules pour s’engager dans les investissements ISR. Tout en étant liquides, et bénéficiant d’un petit niveau d’investissement initial et de frais de gestion réduits, ils offrent une vraie transparence et s’adaptent bien aux principes d’investissements responsables. « Nous avons été les premiers à développer les solutions ESG avec le lancement de quatre ETF qui orientent leurs investissements vers les objectifs des Nations Unies en matière de développement durable à savoir dans l’eau, l’énergie, sans oublier le premier Green Bond ETF et un ETF qui favorise l’égalité hommes-femmes » souligne François Millet, responsable des ETF & du développement indiciel chez Lyxor Asset Management. Ce dernier ETF sélectionne des entreprises qui promeuvent l’égalité des salaires et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, la parité hommes-femmes aux postes à responsabilité ainsi qu’auprès des salariés et qui font preuve de transparence et de responsabilité.

Il est clair que la dynamique qui se cache derrière une gestion d’actifs plus durable est forte. Plus de la moitié des actifs gérés en Europe et un cinquième aux États-Unis suivent des stratégies d’investissements responsables. Des progrès sont accomplis partout dans le monde.

Face au sentiment d’urgence grandissant autour des questions d’ESG (changement climatique, pénurie des ressources, accès aux soins de santé et à l’éducation...), les efforts consacrés aux investissements ESG ne pourront que croître.

« L’investissement durable pourrait être la nouvelle tendance ! » a annoncé Florent Deixonne. « Il n’y a aucune raison pour que ne nous n’assistions pas à des changements massifs ».

La Norvège et le Japon qui transfèrent leurs fonds nationaux dans des investissements durables sont emblématiques d’une tendance plus générale. Les gestionnaires d’actifs adoptent désormais couramment l’investissement éthique. De nouveaux produits, de nouvelles réglementations et la pression constante des investisseurs continueront à faire progresser les chiffres dans la bonne direction. L’objectif de l’ONU de réaffecter entre 5 et 7 trillions d’euros par an dans la lutte contre le changement climatique, et dans d’autres causes, semble désormais plausible.

Rapport de 2016

http://www.gsi-alliance.org/wp-content/uploads/2017/03/GSIR_Review2016.F.pdf

Europe 53 % pour « plus de la moitié », page 3 du rapport

États-Unis « un cinquième » page 13.

Norvège

https://www.theguardian.com/business/2017/nov/16/oil-and-gas-shares-dip-as-norways-central-bank-advises-oslo-to-divest

Japon

https://www.ipe.com/news/esg/japans-gpif-turns-global-in-hunt-for-environmental-equity-index/www.ipe.com/news/esg/japans-gpif-turns-global-in-hunt-for-environmental-equity-index/10021713.fullarticle

ETF parité hommes-femmes

http://www.lyxoretf.co.uk/pdfDocuments/DTP117178%20-%20Gender%20equality%202-pager%20-%20FRIE000033%20%20061117_5609508d0e0875647b02e68f02cb6085.pdf

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