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Obligations vertes : une véritable avancée pour la finance durable et à impact positif

Société Générale
le 22/12/2017

Obligations vertes : une véritable avancée pour la finance durable et à impact positif

Quiconque ayant besoin de preuves du sérieux avec lequel le secteur de la finance considère les questions liées à l’environnement devrait s’intéresser aux obligations vertes ou « Green Bond ». Leur impact est clairement visible. Cette catégorie d’actifs est bien définie et mature. Les obligations vertes constituent une véritable avancée.

Après de modestes débuts, les obligations vertes sont devenues un concept porteur basé sur une définition rigoureuse. L’ICMA (International Capital Market Association) se charge en effet de publier les principes à suivre par les émetteurs, en vue d’assurer la plus grande clarté autour de ce qui qualifie les fonds et sur la manière dont ils peuvent être utilisés ou pas. La Banque européenne d’investissement est l’un des principaux contributeurs au débat et publie des articles visant à aider à la fois les investisseurs et les émetteurs. Enfin, au sein de l’Union européenne, il existe également un groupe d’experts de haut niveau dont l’objectif est de travailler avec des partenaires mondiaux sur une définition et des règles harmonisées.

Pour les débutants, voici un guide des notions de base : une obligation verte est une obligation qui rassemble des fonds exclusivement destinés à financer des projets ou des actifs qui ont un impact positif sur l’environnement, à savoir : 

  • L’énergie renouvelable
  • L’efficacité énergétique
  • La prévention et la maîtrise de la pollution
  • La gestion durable des ressources naturelles vivantes et de l’utilisation du sol
  • La conservation de la biodiversité terrestre et aquatique
  • Les transports non polluants
  • La gestion durable de l’eau et des eaux usées
  • L’adaptation au changement climatique
  • Les produits, technologies et procédés de production adaptés à l’économie éco-efficace et/ou circulaire

Les bâtiments « verts » qui répondent aux normes de certifications reconnues sur le plan régional, national ou international.

Les fonds levés doivent être utilisés exclusivement pour des projets qui relèvent de ces catégories. Il est également demandé aux émetteurs de préciser les objectifs et les critères de sélection des projets. La transparence est fondamentale : des informations actualisées sur l’avancement des investissements doivent être fournies. Des évaluateurs externes doivent également vérifier les allégations.

Habituellement, les acheteurs d’obligations vertes y trouvent leurs comptes car celles-ci leur permettent de remplir leurs propres objectifs ESG (Environnement, Société et Gouvernance) en matière d’investissement. Ce produit de la finance durable et à impact positif ne sous-entend aucune différence fondamentale en termes de risque financier ou de rendements comparé aux investissements traditionnels, cependant la contribution positive générée sur le long terme constitue une différence considérable. « Les obligations vertes n’ont ni plus ni moins de risque de crédit que des obligations non vertes comparables », souligne Stéphane Marciel, responsable des obligations durables chez Société Générale CIB. « Et dans la plupart des cas, les investisseurs nous expliquent qu’ils n’acceptent pas de rémunération inférieure ». Cependant, il peut y avoir une volatilité moindre qu’avec les obligations traditionnelles : « les investisseurs en obligations vertes tiennent compte du profil vert de l’émetteur et ont tendance à regarder les perspectives à plus long terme ».

En effet, les données sur les rendements voient peu à peu le jour mais les fondamentaux laissent entendre qu’il n’y a aucune raison de penser qu’il y aura une divergence notable avec le marché traditionnel au moins à court terme.

En parallèle, la transparence s’améliore et des benchmarks sont créés. Et avant tout, les investisseurs peuvent gérer des fonds ESG qui auraient du mal à trouver des opportunités et solutions adaptées sans ce produit. Les obligations vertes donnent un nouveau souffle à l’ensemble de la filière de marchés ESG.

Il reste encore quelques détails à régler. Malgré les progrès d’harmonisation, les avis sont par exemple encore partagés car il reste quelques zones d’ombre en matière d’éligibilité.

Stéphane Marciel reconnaît ainsi une grande diversité d’interprétations. « Nous devons admettre qu’il existe des différences de maturité selon les pays et différents degrés de sensibilisation parmi les investisseurs. Ainsi, ce qui est vrai en Suède n’est peut-être pas transposable en Chine, où par exemple l’économie dépend encore essentiellement du charbon pour l’énergie. Mais nous espérons tous que ces différences vont peu à peu s’estomper avec le temps. L’essentiel toutefois est de poursuivre dans cette voie, voire d’accroître les efforts et les flux financiers en faveur d’investissements durables, notamment dans le secteur de l’énergie pour lutter contre le changement climatique ».

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