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Comment une approche durable se traduit-elle par une surperformance financière

Société Générale
le 05/12/2017

Comment une approche durable se traduit-elle par une surperformance financière

Réduire l’écart grâce à la finance durable et à impact positif

Les investisseurs ont tendance à se méfier des nouveaux concepts. Ils demandent des rendements supérieurs, des preuves et des benchmarks avant de placer leur argent dans un projet, et c’est logique. Est-ce que cela veut dire qu’il sera difficile de convaincre le monde des investisseurs avec le concept de finance durable et à impact positif qui a été élaboré récemment?

« Absolument pas »,affirme Yannick Ouaknine, analyste senior ESG chez Société Générale Corporate and Investment Banking. « La finance durable et à impact positif est un développement qui s’appuie sur l’ensemble des progrès réalisés par tous les autres outils d’analyse. Il existe des normes ESG, de Reporting intégré et d’audit pour des choses telles que le calcul des émissions de CO2. Nous pouvons nous appuyer sur tous ces outils ».

C’est un point essentiel. L’idée que les entreprises doivent s’intéresser à autre chose qu’au profit s’est généralisée depuis plus de dix ans maintenant. La finance à impact positif est simplement une nouvelle version d’une approche bien établie et bien documentée de l’entreprise.

ESG signifie Environnement, Social et Gouvernance d’entreprise

L’ESG est au cœur de cela. Cet acronyme signifie Environnement, Social et Gouvernance d’entreprise. Ces trois facteurs couvrent l’impact au sens large d’une entreprise. Les premiers fonds centrés sur l’ESG sont apparus au début des années 2000. Ils sont désormais bien intégrés par la communauté des investisseurs et en parallèle, les rapports ESG des entreprises sont extrêmement complets et détaillés. Il n’existe aucune méthodologie officielle ou certification ESG mais c’est une force plutôt qu’une faiblesse : les participants recherchent la bonne approche à adopter pour leur branche d’activités.

Par exemple, Schneider Electric suit 16 indicateurs tels que la réduction d’énergie, la gestion des déchets et l’équilibre des salaires hommes-femmes. Ce tableau de bord fait sur mesure est le seul moyen de rendre compte de l’ensemble des problèmes spécifiques que rencontre un conglomérat industriel diversifié. Le PDG est convaincu que non seulement l’ESG améliore les résultats commerciaux, mais que cela permet également à Schneider Electric de respecter ses engagements éthiques envers la société.

L’ESG comme catalyseur de surperformance

« Nous avons 15 années d’expérience dans l’investissement ESG à présenter aux investisseurs », déclare Yannick Ouaknine. « Notre bilan nous permet de prouver que si vous comprenez bien la logique de l’approche ESG combinée aux bons critères financiers, vous pouvez surperformer. Les investisseurs n’ont pas besoin d’y croire, les faits parlent d’eux-mêmes ».

Yannick Ouaknine a travaillé sur les principes ESG suffisamment longtemps pour se souvenir des doutes que les investisseurs ont pu avoir par le passé. « Au début, nous essayions de convaincre les investisseurs sans avoir beaucoup de preuves sur la réduction des risques ou le rendement financier que cela apportait. Il existait peu d’informations du côté des entreprises. De nos jours, la situation est totalement différente. Il existe une réglementation exigeant le reporting des critères ESG. Les agences de notation regardent les facteurs ESG et les entreprises elles-mêmes sont impliquées ».

Un des facteurs clé est la réduction considérable des risques. En identifiant les impacts négatifs et en prenant des mesures, les entreprises évitent une éventuelle mauvaise publicité. Par exemple, une marque de luxe peut être fortement abîmée par un scandale qui serait lié au travail des enfants. Examiner la chaîne d’approvisionnement permet à la direction, au personnel et aux investisseurs de se prémunir contre un désastre en matière de relations publiques. Chaque entreprise aura les mêmes vulnérabilités qui peuvent être traitées par les principes ESG.

Les liens entre une approche durable et des résultats élevés sont confirmés par de multiples sources. Les investisseurs ont à leur disposition une longue liste de données de marché disponibles, ce qui soulève également la question de la matérialité... la plupart des sociétés cotées en Bourse publient maintenant des rapports ESG. Quant aux universitaires, ils présentent également leurs propres recherches indépendantes qui soutiennent la théorie.

D’autres outils d’analyse conformes aux normes ESG

La preuve la plus convaincante est peut-être le vocabulaire utilisé par la communauté des investisseurs. « Un tiers de nos clients ne gèrent pas de fonds ESG », explique Yannick Ouaknine. « Ils utilisent les mêmes critères que l’ESG mais les appellent « Indicateurs précoces de performance ». Ils comprennent comment les critères ESG améliorent les performances et minimisent les risques. Ils leur donnent juste un nom différent ».

Autre outil utilisé par la finance durable et à impact positif, le Reporting intégré (RI) sert de cadre pour signaler les enjeux de durabilité. Il a été introduit par l’International Integrated Reporting Council en 2013. Une enquête menée à l’époque par le Chartered Institute of Management Accountants a montré que 94 % des cadres supérieurs à travers le monde pourraient en voir le bénéfice en termes de création de valeur. Peu à peu le RI est adopté partout sur la planète. En Afrique du Sud par exemple, toutes les sociétés cotées à la bourse d’Afrique du Sud produisent des Rapports intégrés. En Chine, le ministre des Finances va inclure le Reporting intégré dans son plan quinquennal.

Les gagnants seront ceux qui conduiront le changement avec rigueur

La maturité du reporting durable signifie que les investisseurs peuvent être certains que le contenu sera fiable et digne d’intérêt.

Il n’y aura pas d’exagération – ni de « greenwashing ». « Les audits sont habituellement réalisés par un cabinet comptable », souligne Yannick Ouaknine. « Personne ne veut être pris dans un scandale lié à du « greenwashing ». Ils ne prendront pas le risque ».

Naturellement, chaque participant pourra mettre en place un cadre ESG comme il le souhaite. Société Générale CIB utilise une matrice de matérialité qui conjugue les questions ESG tant financières que matérielles afin de concentrer les efforts sur ce que nous considérons comme pertinent financièrement.

La finance durable et à impact positif place l’éthique dans les affaires à un nouveau niveau mais la méthodologie reste encore à affiner. La grande leçon à tirer pour les entreprises et pour les investisseurs est qu’être leader de ce mouvement portera ses fruits.

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