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Comment la Finance à impact positif permet-elle de lutter contre la plus grande menace qui pèse sur l’humanité ?

Société Générale
le 24/11/2017

Comment la Finance à impact positif permet-elle de lutter contre la plus grande menace qui pèse sur l’humanité ?

Dans son nouveau rapport, l’Union internationale pour la Conservation de la Nature révèle que le nombre de sites du patrimoine mondial détériorés par le changement climatique a doublé en trois ans pour passer à 62. Cela signifie qu’un quart de tous les sites du patrimoine mondial sont désormais mis en péril. 

En Floride, les Everglades sont dans un état « critique » à cause de la montée du niveau de la mer et des entrées d’eau salée de l’océan. De violents incendies ont ravagé le paradis floral des Fynbos en Afrique du Sud, qui abritent quelques 7 000 espèces végétales dont les quatre-cinquièmes sont des plantes endémiques du Cap. Les glaciers en recul sont en train de changer l’aspect du Kilimandjaro.

Le Prince Charles, héritier de la couronne britannique et écologiste au franc-parler, a vivement réagi à ce rapport en ces termes : « Le changement climatique devient de fait la menace qui grandit trop rapidement. Son impact est déjà visible dans de nombreux sites. Ce rapport souligne qu’il est impératif de trouver une réponse mondiale au changement climatique de toute urgence ». 

L’ampleur du problème est peut-être pire que ce que l’on imagine. Une nouvelle étude des Nations unies indique que les déclarations selon lesquelles les émissions de CO2 ont atteint leur plus haut niveau sont trop optimistes. Après deux années de stabilité, les émissions ont recommencé à augmenter. « Les émissions mondiales de CO2 semblent repartir fortement à la hausse encore une fois... C’est très décevant », a regretté le Professeur Corinne Le Quéré, chercheur principal et directrice du Tyndall Centre for Climate Change Research au Royaume-Uni.

Quelles solutions ?

L’accord de Paris de 2015 prévoit de limiter les hausses de température à 2 degrés par rapport aux niveaux de la période préindustrielle. L’OCDE estime que d’ici 2030, il faudra investir 600 milliards de dollars par an en infrastructures pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Il est possible de les atteindre. Les Nations unies annoncent que le financement des actifs de l’énergie propre a atteint 1 657 milliards de dollars entre 2007 et 2016 mais il faut continuer sur cette lancée. 

C’est là où la Finance durable et à impact positif peut contribuer de manière significative. L’ONU s’occupe de promouvoir le cadre qui détermine comment les projets peuvent être évalués en fonction de leur contribution à l’un des 3 piliers du développement durable pour l’économie, la société ou l’environnement, tout en identifiant et en minimisant tout impact négatif éventuel. Elle regroupe un large éventail de financements éthiques selon une seule philosophie.

« Nous observons un fort intérêt pour les obligations vertes, les fonds communautaires et diverses formes de financement de la politique pour l’énergie propre », a expliqué Allan Baker, Global Head of Power Advisory & Project Finance chez Société Générale. « La Finance à impact positif s’ajoute à cette liquidité mais peut également avoir une énorme incidence sur des petits projets et sur la finance de l’énergie propre dans les marchés émergents ».

Le financement de la communauté africaine pourrait en être le point de départ idéal. Allan Baker évoque des projets d’énergie propre tels que l’installation de systèmes de batterie et d’énergie solaire intégrés dans des foyers raccordés au réseau. Un panneau solaire sur le toit et une batterie au lithium-ion fournissent de l’électricité en cas de besoin. Ce modèle fonctionne bien : un exemplaire ne coûte que 7 dollars par mois sans acompte ou pratiquement, comparé aux 400 dollars d’un raccordement au réseau. Ces initiatives sont bénéfiques sur le plan social et sanitaire car les ménages sont ainsi moins dépendants du kérosène ou du bois.

Étendue des possibilités

C’est le volume qui manque : 600 millions d’Africains n’ont pas accès à un réseau électrique. La Finance à impact positif peut introduire un flux de capitaux dans une niche reconnue pour fournir une énergie plus propre.

Or des projets à grande échelle sont également viables pour la Finance durable et à impact positif. Le coût de l’énergie solaire au Moyen-Orient a chuté pour atteindre les taux du marché, mettant un terme à leur dépendance aux subventions. Les fonds peuvent investir, sachant qu’aussi bien les rendements, la stabilité et les impacts sur l’environnement sont tous conformes à la philosophie de la Finance durable et à impact positif.

La structure du reporting de la Finance à impact positif signifie que de nombreux projets énergétiques qui s’inscrivent dans le cadre de cette approche amélioreront la situation. Les fonds analyseront et communiqueront l’impact sur la société et l’environnement. Les investisseurs exigent de connaître les détails de l’ensemble des questions relatives aux projets qu’ils soutiennent. En d’autres termes, la Finance à impact positif relèvera le niveau.

En vérité, la vague de créances et de fonds propres ciblant actuellement les projets d’énergie propre signifie que le nouveau code risque d’élargir le périmètre au lieu de créer un nouveau secteur en tant que tel. « La Finance durable à impact positif permettra de donner un nouvel élan à la transition mondiale vers des énergies propres déjà en cours », a déclaré Allan Baker. « Même si cette approche ne va probablement pas changer les règles du jeu en matière d’énergie renouvelable traditionnelle à elle toute seule, en réalité elle va favoriser une plus large participation à l’énergie propre et renforcer le socle sur lequel elle s’appuie » a-t-il ajouté. 

L’International Finance Corporation, structure de la Banque mondiale, a expliqué que les développements du secteur privé signifient que la lutte permet aux gouvernements d’atteindre leurs objectifs sur le changement climatique. La Finance à impact positif jouera pleinement son rôle pour que la planète Terre ne parte à la dérive. 
 

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