La banque JP Morgan contrainte de revoir le calcul de son ratio de fonds propres

le 10/08/2012

La banque américaine JP Morgan Chase & Co va devoir réduire de 50 points de base le calcul de son coussin de capital, en raison des pertes sur dérivés que lui ont fait subir certains de ses traders dont la « baleine de Londres ».

La banque JP Morgan contrainte de revoir le calcul de son ratio de fonds propres

La

banque américaine JP Morgan Chase & Co va devoir réduire de  50 points de base le calcul de son coussin de

capital, en raison des pertes sur dérivés que lui ont fait subir certains de

ses traders dont le plus connu est surnommé la « baleine de

Londres ».

Les régulateurs l'ont contrainte à

recalculer ses niveaux de fonds propres afin de rendre compte des modèles de

risque qu’elle utilise pour certaines de ses positions, notamment celles relevant de la Direction des investissements (Chief investment office) qui a essuyé

les pertes sur dérivés. JP Morgan a changé un modèle de risque clé du Cio  au cours du premier

trimestre ce qui a provoqué une baisse de qualité de reporting au moment où le Cio constituait un considérable portefeuille de dérivés sur crédit qui s’est soldé par des pertes de près de 6 milliards de dollars.

JP

Morgan, qui occupe la plus haute marche du podium avec ses 2.300 milliards de dollars d’actifs parmi les banques

basées aux Etats Unis, a déclaré avoir été informé mercredi par le Bureau du

contrôleur de la monnaie et la Fed qu'il lui fallait revoir le calcul de ses fonds propres. Conséquence, son «ratio de fonds

propres durs sous Bâle 1 » (Tier 1 common ratio) a fondu de 10,3% à

9,9% en juin. Le nouveau chiffre reste toutefois supérieure au 5% à

partir desquels une banque est considérée comme bien capitalisée selon les stress

tests de la Fed.

JP

Morgan estime que les initiatives qui ont été prises sur ses modèles de risque de

portefeuille et de marché vont permettre de réduire « significativement » les ajustements d’ici la fin de l’année. L’ancien trader du Cio, Bruno

Iskil, connu sur le marché des dérivés sous le nom de « baleine

blanche » en raison de la taille des positions qu’il prenait, a laissé son sobriquet à l'affaire des dérivés même si d’autres traders sont impliqués. Les

pertes, qui placent Jamie Dimon, Pdg de la banque, dans une position délicate, a conduit JP Morgan à requalifié les résultats du premier trimestre.  Même si elles ne sont pas susceptibles

de menacer la position de JP Morgan parmi les toutes premières banques des Etats

Unis, le groupe a dû cesser ses rachats d’actions en mai afin de reconstituer le

capital qu’il avait perdu.

Dans un échange, jeudi avec la SEC (Securities and exchange commission), JP

Morgan a indiqué espérer relancer son programme de rachat d’actions

au premier trimestre 2013,  avec trois mois de retard par rapport à

l’objectif fixé initialement. En

avril, Jamie Dimon a indiqué vouloir racheter des actions, alors bon marché,

pour les revaloriser. Il a laissé entendre qu’en dessous de 45 dollars, le

cours des actions était une affaire. Jeudi, elles se négociaient à 36,97

dollars, en baisse de 0,5% par rapport à la veille, et 9% en dessous des cours

avant la révélation de l’affaire des dérivés, le 10 mai. Pour Pouvoir relancer son

programme de rachats d’actions, JP Morgan doit obtenir l’approbation de la Fed

après le stress test annuel de son bilan. Le conseil d’administration doit

aussi achever ses propres investigations auprès du Cio.

Au moins 11 institutions

gouvernementales dans le monde mènent une enquête sur la débacle du Cio,

selon  les déclarations de JP Morgan.

Parmi elles, des agences du Japon, d’Allemagne et de Singapour, ainsi que des

Etats Unis et du Royaume Uni. Le risque de poursuite s’est accru au cours du trimestre

du fait des enquêtes en cours et des plaintes déposées par des investisseurs privés.

JP Morgan estime « raisonnablement possible » le montant de 5,3

milliards de pertes en plus des réserves liées aux litiges. Elle n’a pas révélé

le montant de ces réserves.

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