La banque britannique Standard Chartered menacée de perdre sa licence à New York

le 07/08/2012

Le régulateur américain a menacé la banque de lui retirer sa licence bancaire en raison de soupçons de relations d'affaires dissimulées avec le régime iranien actuellement sous embargo.

La banque britannique Standard Chartered menacée de perdre sa licence à New York

 L'action la banque britannique Standard

Chartered chute lourdement ce mardi après que le régulateur bancaire de New

York a menacé de retirer sa licence bancaire à la banque britannique en raison

de soupçons de relations d'affaires dissimulées avec le régime iranien.

A la Bourse de

Londres, l'action Standard Chartered décrochait de 21,5% à 1.153 pence en début

de matinée, pesant sur l'indice Footsie 100 des valeurs vedettes, qui cédait

0,26%. Egalement coté à Hong Kong, le titre StanChart a chuté de 14,89% dans de

gros volumes. StanChart avait déjà perdu 6,2% lundi à Londres, décrochant juste

avant la clôture à l'annonce de la nouvelle.

Le Département des

services financiers (DFS) de l'Etat de New York a fait savoir lundi qu'il

soupçonnait la banque britannique d'avoir échafaudé un système grâce auquel au

moins 250 milliards de dollars de transactions réalisées avec des entités liées

au gouvernement iranien ont été camouflées. Dans son injonction, le DFS somme

la banque de s'expliquer en menaçant de lui retirer sa licence bancaire à New

York.

Standard Chartered

a fermement rejeté mardi les accusations du DFS, qui l'a qualifié

d'"établissement voyou". "Le groupe rejette fermement la

position ou les faits décrits tels que stipulés dans l'ordonnance délivrée par

le DFS", déclare Standard Chartered dans un communiqué. La banque ajoute

qu'elle "ne pense pas que l'ordonnance du DFS présente un tableau complet

et précis des faits".

La perte d'une

licence bancaire à New York, un fait sans précédent, porterait un coup très

grave à la banque. Elle lui fermerait de fait les portes du marché bancaire

américain. Selon le régulateur bancaire de New York, Standard Chartered traite

190 milliards de dollars par jour pour ses clients mondiaux. La menace d'un

retrait de licence pourrait contraindre l'établissement britannique à payer une

lourde amende.

Standard Chartered

a indiqué avoir envoyé aux agences américaines une analyse qui montre qu'elle

"a fait en sorte d'être en conformité (avec la loi) et s'est effectivement

conformée à une immense majorité" à la régulation américaine. Selon le

groupe bancaire, le montant total des transactions liées à l'Iran et non

conformes à la régulation s'élève à moins de 14 millions de dollars.

Pour le DFS, Standard Chartered

aurait masqué la nature de ses transactions avec l'Iran pour contourner

l'interdiction en vigueur depuis 2008 des transactions dites

"demi-tour",  de l'argent

déplacé pour le compte de clients iraniens de banques en Grande-Bretagne et au

Moyen-Orient puis compensé par l'agence de Standard Chartered à New York, mais

dont le circuit n'a ni commencé ni fini en Iran.

Depuis

l'interdiction de ces transactions, Standard Chartered est la sixième banque

étrangère à avoir maille à partir avec les autorités américaines en raison de

soupçons de relations d'affaires avec des pays soumis à des sanctions

politiques et économiques, comme l'Iran. Barclays, Lloyds, Credit Suisse et ING

Bank ont accepté de payer des amendes et des accords qui représentant un

montant total de 1,8 milliard de dollars. HSBC fait actuellement l'objet d'une

enquête, selon des documents des autorités de régulation bancaire.

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