Les échanges M&A entre la France et l’Asie franchissent un cap

le 24/07/2014 L'AGEFI Hebdo

A l’occasion de cet observatoire réalisé pour L’Agefi, DC Advisory (Daiwa) constate une ambition renforcée des investisseurs asiatiques en France.

Pour ce troisième observatoire DC Advisory sur les fusions-acquisitions entre la France et l’Asie, la banque d’affaires a compté 10 transactions significatives au premier semestre de l’Asie vers la France (74 depuis 2011), et 17 de la France vers l’Asie (126 depuis 2011). « Mais les montants engagés par les investisseurs asiatiques sont nettement supérieurs, probablement pour la première fois », détaille Alexis Matheron, directeur au bureau parisien de DC Advisory. Et ce malgré l’absence d’opérations dans les vignobles qui étaient financés par des fonds publics chinois dédiés aux technologies. Dongfeng et Huaxin ont réalisé deux opérations majeures sur Peugeot PSA et Alcatel-Lucent Entreprises. « De même, Temasek et le fonds chinois CDH sont entrés au capital de Ceva Santé Animale en tenant compte de son potentiel dans la région. »

Attentisme nouveau

Autres opérations symboliques : les reprises à la barre du tribunal de commerce de Valdunes (roues de trains) et Quinette Gallay (fauteuils de cinéma). « Des opérations difficilement envisageables auparavant : c’est très positif, cela confirme l’attrait de nos savoir-faire industriels et offre de nouvelles possibilités de redressement pour nos PME », se réjouit Alexis Matheron.

Vers l’Asie, on retrouve quelques serial buyers comme Publicis (sur Law & Kenneth Communication, son 13e deal depuis 2011) ou Legrand (sur SJ Manufacturing), auxquels se joignent des spécialistes de l’agro-alimentaire comme Danone et Lactalis dans les produits laitiers. « Très marqué en 2011-2013, le mouvement des français vers l’Asie connaît un certain attentisme », note Alexis Matheron. Faute de positions stratégiques suffisantes, certains commencent même à se désengager comme Société Générale avec sa banque privée. L Capital, filiale de LVMH, dont le fonds de 800 millions d’euros doit être investi pour moitié en Asie, a commencé ses emplettes dans la restauration et les cosmétiques.

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