UniCredit s’est refait une place sur le marché parisien

le 11/12/2014 L'AGEFI Hebdo

La succursale française du groupe italien, pilotée par Patrick Soulard, a recruté une quarantaine de collaborateurs en trois ans.

UniCredit s’est refait une place sur le marché parisien
Patrick Soulard, directeur général d’UniCredit en France et membre du comité exécutif d’UniCredit CIB.
(DR)

UniCredit réécrit son histoire sur le marché français. La banque italienne, qui avait fermé en 2009 ses filiales allemande (HVB), italienne (Spa) et polonaise (PKO) présentes à Paris, a décidé de rouvrir en 2011 une succursale dans l’Hexagone. Une dynamique insufflée par Jean-Pierre Mustier, alors nommé patron de la banque de financement et d’investissement (BFI) du groupe, qui s’est adjoint les talents de Patrick Soulard avec qui il avait dirigé ce pôle chez Société Générale jusqu’en 2008. « J’ai relancé une activité en partant de zéro. J’étais le dirigeant d’une start-up d’une personne et demi, moi compris. Désormais, nous sommes une équipe composée d’une quarantaine de collaborateurs », se réjouit Patrick Soulard, directeur général d’UniCredit en France et membre du comité exécutif d’UniCredit CIB.

La succursale, qui assure la couverture de clients au sein d’un CAC 40 élargi, compte cinq banquiers seniors : Laurence Fraissinet-Dubois (ex-BNP Capital Markets, Deutsche Bank et Barclays Capital), Adeline de Metz (auparavant chez Natixis), Vincent Guardiola (anciennement chez BBVA), Fabrice Charretour (ex-Lehman Brothers, Natixis), couvrant les relations avec les fonds d’investissement, et Jérôme Frizé (ex-RBS et ABN Amro), en charge des institutions financières. Une équipe de vente de produits financiers, composée d’une douzaine de collaborateurs, a par la suite été mise en place en 2013. Dans le domaine des fusions-acquisitions, « nous avons une équipe d’exécution à Paris, qui travaille avec les équipes M&A basés dans nos différentes géographies avec un accent particulier sur l’Italie, la Pologne, l’Europe centrale et orientale », explique Patrick Soulard. Désormais, « nous sommes pratiquement au complet, quelques recrutements de vendeurs devant encore intervenir », poursuit le dirigeant. L’embauche d’un responsable exclusivement dédié à la conformité est également en cours. Les effectifs du bureau parisien évoluent au sein d’un modèle « Boutique », Patrick Soulard s’étant inspiré du type d’organisation développé chez Brian Garnier, où il a passé un an en 2010.

Avantages compétitifs

A terme, l’objectif affiché par l’entité parisienne repose sur un développement de l’activité, tout en conservant son positionnement actuel. « L’idée n’est certainement pas d’élargir notre spectre vers les moyennes capitalisations par exemple », illustre Patrick Soulard.  Les revenus générés par le groupe à Paris se révèlent aujourd’hui légèrement inférieurs à 200 millions d’euros. Selon le dirigeant, la France dispose du plus grand vivier de grandes entreprises et de groupes bancaires en Europe, d’où une activité de BFI importante. « Le montant de commissions à se partager entre banques est à l’égal du marché allemand et se révèle deux fois plus important que celui des marchés italien ou espagnol », relève-t-il. Au sein de ce marché concurrentiel, où les banques françaises ont une domination forte, le bureau parisien mise, en fonction de ses atouts, sur une approche sélective des clients. « Nous nous appuyons sur nos avantages comparatifs, notre place de premier choix dans des pays tels que l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, l’Europe centrale et orientale, couplé à des positionnements de pointe sur certains produits, à l’image des ‘covered bonds’ grâce à la réputation établie de longue date de HVB dans ce domaine, le financement de projet ou le Global Transaction Banking (GTB) », avance Patrick Soulard. L’entité française dispose du bilan d’UniCredit, sans restrictions particulières. Toutefois, « nos clients sont de grandes entreprises, qui ont tendance à s’autofinancer et à aller sur les marchés obligataires », indique Patrick Soulard. Parallèlement, le bureau parisien sert de « laboratoire » à UniCredit. « Les innovations (‘green bonds’, hybrides ‘corporate’…) du marché français, très sophistiqué, sont répliquées à l’échelle du groupe dans ses autres marchés », précise-t-il.

Alors qu’UniCredit s’est refait un nom sur le marché parisien de la BFI, le patron de la division au niveau groupe, Jean-Pierre Mustier, prend du recul. Laissant les rênes d’une BFI restructurée et rentable, il quittera ses fonctions à la fin de l’année pour rejoindre le conseil consultatif international du Groupe UniCredit. « Nous avons l’habitude de travailler avec son successeur Gianni Papa qui, jusqu’à présent, était le responsable de la zone Europe centrale et orientale, basé à Vienne, et qui a été un des plus fidèles soutiens de Paris depuis l’origine », estime Patrick Soulard.

Environ 20 % des actifs pondérés du risque et des revenus du groupe viennent de la la BFI : 50% activités de marché, un tiers financement et conseil, le reste en Global Transaction Banking

A lire aussi