La Communication des établissements financiers en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE) est très hétérogène. Novethic a passé en revue les rapports RSE d’une trentaine de groupes européens et observe ainsi que le volume d’informations fourni est très variable : Generali offre un rapport de 190 pages quand HSBC se contente de 36 pages. Seuls six établissements reconnaissent d’ailleurs l’existence d’un problème de réputation générée par la crise (Barclays, Crédit Suisse, Deutsche Bank, HSBC, ING et Royal Bank of Scotland), relève l’agence de notation sociétale. Concrètement, poursuit-elle, « seuls 6 des 31 groupes du panel établissent un lien entre les modes de rémunérations de leurs dirigeants et la crise financière. »
Plus généralement, même si quasiment tous communiquent sur les grands thèmes suivants : impacts environnementaux directs, politique de ressources humaines, mécénat, financement des énergies renouvelables, investissement responsable, aucun n’utilise les mêmes indicateurs et ne fournit de données sur des périmètres qui permettraient de parler de reporting RSE global et homogène.
Surtout, si par exemple, l’impact environnemental direct de leur activité est traité par tous, seule la moitié se reconnait une responsabilité quant à l’impact environnemental induit par leurs activités de financement ou d’investissement. Treize groupes, soit moins de la moitié du panel, indiquent analyser les impacts environnementaux et sociaux des activités de leurs clients et reconnaissent partager une responsabilité dans la gestion de ces impacts. Seize groupes ont identifié des secteurs particulièrement risqués sur les enjeux ESG et mis en place des politiques, pas toujours détaillées, de limitation ou d’interdiction des transactions dans ces secteurs.
De même, si la moitié du panel évoque les dimensions réglementaires de la lutte contre la criminalité financière et de l’évasion fiscale, seuls trois groupes ont une communication claire sur la question des paradis fiscaux et trois autres groupes s’engagent à ne pas aider leurs clients à échapper à leurs obligations fiscales.
Enfin, Novethic a défini une grille de notation des établissements financiers et établi un classement. Les bons élèves (« Communication responsable », c’est-à-dire ayant obtenu une note supérieure à 50 sur 100), sont les groupes suivants (dans l’ordre) : Generali, Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale, Rabobank, Aviva, Deutsche Bank. Tandis que les mauvais élèves (« Communication lacunaire » et « Hors sujet ») sont : Lloyds Banking Group, Mapfre, Crédit Mutuel, Prudential, Zurich et Talanx.
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