Marion Leblanc-Wohrer

Marion Leblanc-Wohrer

Rédactrice en chef L’AGEFI Hebdo

 
Après avoir commencé sa carrière chez KPMG, puis à la Banque Mondiale en tant qu’analyste, elle a été successivement journaliste dans divers titres chez Thomson Financial. Rédactrice en chef de Banque et Informatique depuis 2003, Marion a rejoint L’AGEFI en 2007. Diplômée de l’IEP, elle est titulaire d’un DEA de Sciences Politiques et d’un master de relations internationales de la Johns Hopkins University (Washington).
 
 

Le 05/01/2012

Rénovation en cours

Les acteurs financiers français se présentent en petite forme en ce début d'année qui sonne l'heure de vérité pour la zone euro (lire L'Evénement page 8). Mais ils pourraient bien décevoir les discours convenus des Cassandre qui prédisent l'apocalypse pour 2012. Car si nombre d'entre eux, notamment les banques, ont parfois tardé à prendre toute la mesure de leur nouvel environnement, les efforts consentis depuis l'été dernier n'en sont que plus impressionnants. Pour preuve, après avoir été massacrées par les marchés au cours de l'été, celles-ci ont finalement mieux passé l'épreuve des tests de résistance coordonnés par l'Autorité bancaire européenne (ABE) sur les données à fin septembre que sur celles à fin juin. Elles le doivent aux résultats dégagés au troisième trimestre, ainsi qu'au délestage résolu de leurs titres souverains qui leur a permis de limiter leurs besoins de fonds propres supplémentaires. Même si leur capacité à atteindre le sacro-saint ratio de 9 % exigé par l'ABE au 30 juin 2012 sans faire appel au marché ou à l'Etat reste encore sujette à caution, le fait qu'elles ont largement entamé les grands travaux de rénovation ne l'est plus. Car grands travaux il y a bien. Le tocsin a sonné, donnant le signal de la cession de nombre d'actifs non stratégiques et de l'extinction de pans entiers d'activités, notamment consommatrices de dollars. Les grandes manœuvres sont menées au pas de charge, et si les premières mesures portent essentiellement sur leurs banques de financement et d'investissement, elles affecteront nécessairement un éventail de métiers plus étendu.Les états d'âme n'étant pas de saison en pleine tempête, les arbitrages sont cruels, notamment par leurs conséquences pour l'emploi. Les plans sociaux sont déjà en cours. Il ne faut pas non plus se leurrer, la capacité des banques à financer l'économie en sera amoindrie, tandis que la perte de parts de marché dans des métiers jusqu'ici considérés comme leurs fleurons, tels les financements structurés ou export, s'annonce irréversible. Leur retrait pourrait d'ailleurs profondément redistribuer les cartes. Il leur faudra également assurer leur refinancement. Même avec des besoins réduits (lire pages 18 à 20) et un gros coup de main de la Banque centrale européenne, la partie ne sera pas facile.Mais, bien réorganisées, leur bilan allégé et plus solide, les banques françaises n'en seront que plus à même d'affronter les obstacles à venir. Elles pourront réinventer leur modèle, une transformation indispensable pour accompagner leurs clients vers un financement plus centré sur les marchés de capitaux et moins sur leurs bilans, en phase avec la nouvelle donne réglementaire. Et pourquoi pas participer au mouvement de consolidation bancaire qui se prépare inéluctablement en Europe.

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