L'art de la prévision a toujours été un exercice périlleux, il vire désormais à l'obscur. Sans doute un effet de l'An 2000, jugeront les plus superstitieux, ce fameux passage qui avait suscité tant de prédictions fort éloignées de tout ce qui a été vécu au cours des douze premiers chapitres du siècle. Seul point peut-être à en retirer, c'est la vertigineuse accélération du cours des choses, facteur central, d'ailleurs, pour se prendre les pieds dans le tapis des anticipations. Malgré tout, il faut bien s'y coller en début de millésime, et c'est ce à quoi s'attellent économistes, gérants, allocataires et autres experts ainsi qu'en témoignent nos courriels abondamment pourvus en perspectives 2012. Ce qu'il en ressort ? La quintessence de ce qui est écrit précédemment : à force d'avoir subi les crocs-en-jambe de l'histoire économique et financière récente, la dominante incontestable des études circulant sur la Place n'est pas à l'estimation, mais plutôt à l'estimation d'estimation. Ceci est la résultante, bien sûr, du grand flou entourant l'avenir de l'Europe, mais du côté des autres zones d'analyse - Etats-Unis et pays émergents notamment -, le mieux relatif ne se traduit pas par un engagement à plus de six mois. Face à une telle réserve, c'est toute la chaîne du choix qui risque de bégayer.