Georges Pauget

Georges Pauget

Président de VIEL & Cie et de la SAS Economie, Finance et Stratégie. Ex-directeur général de Crédit Agricole SA

 
Georges Pauget a effectué l’essentiel de sa carrière au sein du groupe Crédit Agricole. Il a occupé des postes de responsabilité au sein de Crédit Agricole SA et de ses FILIALES, avant d’assurer la direction générale de plusieurs caisses régionales de Crédit Agricole puis celle du Crédit Lyonnais et de Crédit Agricole SA. En 2005, il devient Président de LCL (Crédit Lyonnais) et de Crédit Agricole CIB. Georges Pauget est aujourd’hui Président de VIEL & Cie et de la SAS Economie, Finance et Stratégie et Président d’honneur de LCL. Il est Docteur d’Etat en sciences économiques, dispense des cours à l’Université Paris Dauphine et à l’Université de Pékin en qualité de Professeur associété. Il est Administrateur de la Chaire de recherche en management de l’Université de Paris Dauphine. Il a reçu le prix Turgot du meilleur livre d’économie financière de l’année 2010 pour son ouvrage La banque de l’après crise.
 
 

Trois points de repère pourront être utilisés pour comprendre la banque de demain.Premier repère : en octobre 2011, les Autorités Européennes ont radicalement modifié les règles de gestion des banques en décidant simultanément d'exiger un ratio de solvabilité de 9% et de valoriser les dettes des Etats au prix du marché.Conséquence immédiate : pour éviter de devoir constituer du capital supplémentaire d'ici à mi-2012 pour couvrir le risque de baisse de la valeur des dettes des Etats, les banques les vendent. Cela a deux conséquences : la première est d'accentuer la baisse de valeur de ces dettes, d'amplifier les craintes sur la solvabilité des Etats et de s'enfoncer un peu plus dans la crise. La seconde est de rendre plus difficile à terme le financement de ces derniers.Les règles de gestion des banques ont ainsi changé en quelques mois et de façon irréversible. L'activité des banques est désormais encadrée par le marché qui s'est inspiré des travaux des régulateurs, les a simplifié et les a mis en œuvre sans délai. Après la crise de 2007 qui était l'illustration des dérives des marchés, on voit de façon un peu paradoxale les marchés se substituer aux régulateurs, lorsque ceux-ci n'ont pas la réactivité nécessaire.Deuxième repère : la banque va devoir s'adapter à une contraction de ses activités. C'est déjà le cas dans la banque d'investissement où plus de 130 000 suppressions d'emploi ont déjà été annoncé en Europe. Il n'y a pas de raison qu'un tel mouvement se limite à cette activité. Il ne devrait pas tarder à atteindre la banque de détail. Certes celle-ci enregistre globalement de bons résultats, mais la croissance de son chiffre d'affaires est déjà ramenée à 1 ou 2% dans une économie qui n'a pas encore totalement pris en compte les conséquences de la crise de l'Euro. Si ce chiffre d'affaires se contracte et si, dans le même temps, les frais généraux progressent encore de 1 ou 2%, il faudra alors revoir à nouveau l'organisation administrative et commerciale des banques pour assurer leur compétitivité sur moyenne période. Et ceci revêt un caractère impératif car la banque de détail représente en moyenne plus de 50% de l'activité et des résultats des banques universelles Européennes, elle est le fondement de la confiance que lui accordent tant ses clients que le marchéTroisième repère : la banque de demain va tendre à devenir encore plus immatérielle. C'est déjà le cas pour les activités de marché, lointaines, difficiles à comprendre et qui, du fait de leur développement rapide suscitent des craintes. Mais c'est aussi le cas dans le domaine de la banque au quotidien. La pénétration des acteurs du web dans le domaine des moyens de paiement va opérer une transformation radicale de l'économie de cette activité. Les coûts de transactions devraient baisser, permettant de traiter les petits paiements par voie électronique et réduisant ainsi le coût et les risques de la gestion des espèces. La dématérialisation de la totalité des opérations courantes de la banque ne manquera pas de modifier la relation banque-client. Les banques devraient en tirer les conséquences et revoir toute leur logique de distribution.

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