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Une opération vérité salutaire sur le plafond de verre

le 09/04/2018

Alexandre Garabedian

Dans quelles entreprises les femmes sont-elles sous-payées par rapport aux hommes ? Depuis quelques jours, le Royaume-Uni connaît déjà la réponse : l’immense majorité. Les entreprises britanniques de plus de 250 salariés avaient jusqu’au 4 avril pour publier l’écart de rémunération entre leurs collaborateurs hommes et femmes. La réalité dépasse toutes les craintes. Un secteur symbolise à lui seul ces inégalités : il s’agit de la finance, où l’on sait que les rémunérations peuvent atteindre des sommets. Chez le numéro un britannique HSBC, par exemple, une banquière touchera en moyenne cette année 60% de salaire en moins qu’un banquier. Pire encore, son bonus sera inférieur de 84% à celui de son collègue masculin. Les concurrents d’HSBC font à peine mieux. Chez Goldman Sachs International, la filiale de la banque américaine à la City de Londres, l’écart de bonus atteint deux tiers.

Ces moyennes générales ne brillent certes pas par leur subtilité. Il reste impossible de connaître l’écart réel de rémunération, à poste, expérience et formation équivalents. Mais cet exercice de transparence sans précédent a le mérite de révéler la réalité du plafond de verre dans les entreprises. S’il existe de tels écarts de salaires, c’est d’abord parce que les femmes, souvent majoritaires dans l’effectif, n’ont que très peu accès aux fonctions les plus élevées et les mieux payées.

Outre-Manche, cette opération vérité doit pousser les entreprises à redoubler d’efforts pour combler ce fossé. La France, qui a été un précurseur dans la féminisation des conseils d’administration grâce à une politique de quotas, pourrait bientôt suivre l’exemple britannique. Dans son plan pour l’égalité hommes femmes dévoilé au mois de mars, le gouvernement veut obliger dès 2019 les entreprises de plus de 250 salariés à calculer ce delta de rémunération. Les écarts injustifiés seront publiés sur leur site internet.

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