Le SNB tire la sonnette d’alarme pour l’emploi bancaire

le 06/01/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les logiciels d’intelligence artificielle pourraient remplacer les conseillers dédiés à la clientèle de particuliers et petites entreprises, s'inquiète le syndicat.

Le SNB tire la sonnette d’alarme pour l’emploi bancaire
BNP Paribas ferme déjà 40 à 50 agences par an, rappelle le président du SNB.
(Photo DR.)

Les promesses des banques consistant à tirer parti du digital pour remettre le client au centre de leurs préoccupations ? Elles ne se traduisent «absolument pas dans la réalité du terrain», a déclaré hier lors d’une conférence de presse Régis Dos Santos, président du syndicat national de la banque et du crédit (SNB). Le deuxième syndicat de la branche derrière la CFDT, avec 23.000 adhérents, soit 27% du total, suspecte que les établissements utilisent le digital pour réduire discrètement l’emploi face à la compression de leurs marges dans le contexte de taux bas et de hausse des coûts.

Le secteur bancaire français comptait 371.600 salariés en 2015, selon la Fédération bancaire française (FBF). «L’emploi baisse de 1 à 1,5% par an», selon Régis Dos Santos. Mais il ne reste que «deux à trois ans durant lesquels la pyramide des âges permettra d’accompagner les départs», signale Béatrice Layant, responsable de l'Observatoire des métiers de la banque.

Reconversions
et formations à prévoir

De fait, des plans de transformation se profilent. «BNP Paribas a repoussé ses élections professionnelles à fin 2018», signe qu’une réorganisation approche, estime le président du SNB, rappelant que la banque ferme déjà «40 à 50 agences par an». Les établissements mutualistes «commencent à se réorganiser de manière officieuse» grâce aux mobilités internes, et «les futurs retraités ne sont pas toujours dans l’agence que l’on souhaite fermer».

En outre, le développement de l’intelligence artificielle redéfinit le rôle de conseiller bancaire. Le logiciel Watson d’IBM est déjà testé par le Crédit Mutuel CIC. Présenté comme un logiciel d’assistance commerciale, il regarde les mails reçus par le conseiller et génère des propositions de réponse. L’employé y apporte des corrections que le logiciel intègre à l’avenir. «Ces logiciels auront vocation demain à remplacer le conseiller pour une partie de la clientèle (particuliers, petites entreprises)», met en garde Régis Dos Santos. Des milliers de conseillers devront bientôt se reconvertir, mais selon le syndicaliste, les moyens dédiés à la formation sont insuffisants.

A l’exception de la Société Générale, la majorité des banques n’ont pas communiqué de chiffres de suppressions de postes dans les réseaux. Elles pourraient attendre la fin des échéances électorales en France. «Nous nous interrogeons beaucoup sur fin 2017, début 2018», s'alarme le président du SNB.

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