PORTRAIT Jérôme Grivet, directeur général délégué de Credit Agricole CIB

De l’ENA aux métiers de la finance

le 18/02/2010

Il le dit lui-même, son évolution professionnelle a suivi les grands événements qui ont bouleversé les économies mondiales depuis une dizaine d’années. « Mon parcours a été marqué par des événements significatifs à chaque changement de poste, relève Jérôme Grivet, 47 ans, directeur général délégué de Crédit Agricole CIB (anciennement Calyon) depuis octobre 2007. Lorsque je suis devenu, en 2001, responsable de la direction de la stratégie du Crédit Lyonnais, cela s’est fait juste avant les attentats du 11 septembre à New York. Puis, au moment où j’ai pris ma fonction actuelle chez Calyon, on se trouve en plein déclenchement de la crise du 'subprime'. »

Enarque, inspecteur des finances, son profil est classique pour un dirigeant de banque, à ceci près qu’il est aussi diplômé d’une école de commerce, l’Essec. « J’ai toujours été attiré par le monde de l’entreprise et en particulier par la banque, que j’avais découverte pendant six mois chez Paribas à Hong-Kong, en 1987, ce qui avait contribué à forger mon intérêt pour le monde bancaire », raconte-t-il. Son arrivée dans ce secteur se fera en 1998 au Crédit Lyonnais qui connaît alors de graves difficultés. Puis, à peine âgé de 40 ans, il doit préparer le rapprochement du Crédit Lyonnais avec le Crédit Agricole, deux banques aux organisations très différentes. C’est en 2003-2004 qu’il rejoint la banque de financement et d’investissement du nouveau groupe, Calyon, où « il y avait encore du travail d’intégration à effectuer ».

Membre du comité exécutif depuis juin 2004 (et du comité de direction), il est notamment en charge des risques, du juridique, de l’informatique, de la banque commerciale en France, du cash management et de la gestion des actifs dépréciés. « On devient manager dans la durée, juge ce quadragénaire qui est aussi au « comex » de Crédit Agricole SA, qu’il représente à la Fédération bancaire française. Pour être un bon gestionnaire, il faut des compétences ; pour être un bon manager, au sens humain, il faut de l’expérience. » Quant à l’avenir, le jeune dirigeant assure « ne pas ressentir de sentiment d’urgence dans la gestion de sa carrière. J’essaie simplement de creuser mon sillon ». Le « sillon » est déjà bien tracé.

A lire aussi