PORTRAIT Vincent Taupin, directeur général de Crédit du Nord (Groupe Société Générale)

L’ancien patron de Boursorama vante désormais la discrétion

le 18/02/2010

Il vient de Boursorama, un courtier dont il a assuré la mutation vers une véritable banque en ligne. Il a 50 ans et trouve agréable que l’on considère que c’est jeune. Il est de formation ingénieur travaux publics (ESTP) et télécommunications (ENST) et se félicite que des profils variés puissent enrichir un groupe. Mais Vincent Taupin ne se considère pas comme symptomatique d’un renouvellement des cadres dirigeants de la banque française depuis deux ans. Directeur général de Crédit du Nord depuis le 1er janvier, il rappelle : « Historiquement, les mandataires sociaux du Crédit du Nord sont allés au bout de leur mandat. C’est exactement ce qui s’est passé avec le départ à la retraite de mon prédécesseur ». Il prend ainsi la tête d’une entité, désormais détenue à 100 % par Société Générale, dont la plus ancienne de ses filiales, la banque Courtois, fêtera ses 250 ans en mars. Car Crédit du Nord est l’héritier de 80 établissements régionaux qui a abouti à un découpage de la France en sept zones où l’on retrouve les banques Courtois, Kolb, Laydernier, Nuger, Rhône-Alpes, Tarneaud et Crédit du Nord. Un modèle atypique que Vincent Taupin trouve « parfaitement adapté à une relation de proximité avec une clientèle d’entreprises locales, de professionnels et de particuliers aisés », « ce segment que tout le monde envie », dit-il. Et il considère que la discrétion est plutôt « une qualité sur laquelle il faut capitaliser ». En somme, si Vincent Taupin veut remplacer le mobilier de style qui orne son bureau au siège du Crédit du Nord à Paris, il ne veut pas donner l’image de celui par qui la révolution arrive. « Pour l’instant, je fais un tour de France », explique-t-il. Cela ne l’empêche pas de veiller aux travaux menés par le groupe Société Générale entre ses trois enseignes (Boursorama, Crédit du Nord, Société Générale) afin de favoriser « des synergies de fonctionnement, essentiellement grâce à la convergence des systèmes d’information, tout en préservant l’identité de chaque marque » et planche à un plan stratégique car « le défi de demain pour un réseau, en dehors de la maîtrise des coûts, est de préserver sa part de marché et, au-delà, de se développer ».

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