PORTRAIT Thierry Aulagnon, responsable mondial de la direction relations clients et banque d'investissement de SG CIB

Un haut fonctionnaire devenu banquier sur le tard

le 18/02/2010

Thierry Aulagnon affiche un parcours plutôt classique pour un banquier d'affaires : après avoir passé une vingtaine d’années à Bercy, il passe dans la sphère privée. En 1996, à la demande de Jean Arthuis, ministre des Finances de l’époque, il prend la tête du GAN, alors détenu majoritairement par l’Etat et plongé dans de grandes difficultés financières.

C’est en 2000 qu’il arrive chez Société Générale, et ce n’est pas par hasard. « Lorsque j’étais en charge de la politique de privatisation au sein de l’administration publique, j’étais en contact avec des établissements bancaires, ce qui m’a familiarisé avec ce secteur, explique cet énarque. Au-delà de la relation d’amitié qui me liait à Daniel Bouton, la culture de Société Générale, très forte et tournée vers l’international, suscitait déjà mon intérêt. » Il exerce d’abord durant quelques années le métier de banquier conseil en charge du développement du « dialogue stratégique avec de grands clients français et internationaux », puis en 2003, sa carrière s’accélère dans la banque d’investissement dont il prend la direction. « Il y a un élément conducteur dans mon parcours, tient-il à rappeler. Je n’ai jamais opposé le public et le privé. En particulier, je me suis beaucoup occupé d’entreprises lorsque j’exerçais des fonctions dans l’administration publique. Et aujourd'hui, j'estime que la recherche des résultats dans l'entreprise ne peut se concrétiser sans un référentiel citoyen. »

Aujourd’hui, Thierry Aulagnon, dont la mission est notamment de développer la banque d’investissement hors de France, est en train de recruter, justement en dehors de l’Hexagone, une vingtaine de senior bankers et des professionnels seniors des fusions-acquisitions. Des banquiers qu’il faut parvenir à faire entrer dans le « moule » Société Générale. « Je suis personnellement très attaché à la diversité, indique-t-il. Nous faisons venir et nous intégrons des gens de toutes nationalités et d’horizons différents. Ainsi, parmi les personnes qui nous ont rejoints récemment, plusieurs viennent de banques anglo-saxonnes. Je dois parvenir à intégrer ces nouveaux arrivants au sein d'un groupe qui a une forte culture. » Un défi sans nul doute à la portée d'un ancien haut fonctionnaire devenu banquier sur le tard.

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