PORTRAIT Laurent Mignon, directeur général de Natixis

Un financier à la trajectoire multimétier

le 18/02/2010

Un parcours sans faute. Après HEC, Laurent Mignon devient, à 23ans, trader dans une salle de marché de la banque Indosuez. Mais son «besoin d’avoir une vision davantage tournée vers la clientèle et notamment sur la clientèle institutions financières» le conduit à la banque d’affaires. Il passera dix ans chez Indosuez, avant de partir à Londres en 1996 pour la banque Schroders. Quand, un an plus tard, il prend le poste de directeur financier des AGF, il est à peine âgé de 33ans. «AGF venait d’être privatisée et faisait face à de nombreux enjeux, raconte le dirigeant qui est passé par le Stanford Executive Program.Je sentais qu’une vague de concentration se profilait et je me disais qu’AGF aurait certainement un rôle d’intégrateur à jouer dans le cadre de cet environnement futur.» Chez l’assureur, il exercera toute une série de métiers, de la banque et l’assurance à la gestion d’actifs, en passant par l’assurance crédit: «La logique 'méritocratique' était très forte aux AGF.» En janvier 2006, huit ans après le rachat des AGF par Allianz, il devient directeur général du groupe AGF, président du comité exécutif et membre de l’international executive committee d’Allianz. En 2007, l’aventure entrepreneuriale le tente et il rejoint Oddo & Cie.

Mais un an et demi après, il est appelé pour prendre la tête d’un des groupes bancaires les plus fragilisés de la place. «Oui, c’était un poste à risque, je le reconnais. Mais j’ai pris ce risque tout ayant à l’esprit la forte conviction que Natixis pouvait se relever.» Cette conviction est aussi venue de François Pérol, patron de BPCE: «Lorsque je l’ai rencontré, je ne le connaissais que de nom. Nous avons parlé de longues heures de sa vision du rapprochement qui visait à créer le groupe BPCE. Ma perception sur Natixis était alors un peu teintée d’inquiétudes car je savais que la situation financière de l’entreprise était compliquée. Cependant, sa vision sur les enjeux de l’entreprise m’est apparue très claire.» L’idée de tandem est chère aux deux hommes.«Avec Laurent Mignon, nous travaillons main dans la main, souligne François Pérol.Ses qualités de banquier et de manager sont très grandes. Il a su très vite motiver les équipes et mettre en place les conditions d'un 'new deal' qui permettent à Natixis, filiale indispensable de BPCE, d'investir sur ses talents et de retrouver toute sa sérénité.»

 

A lire aussi