PORTRAIT Christophe Mianné, directeur des activités de marchés de SG CIB

Une carrière ancrée dans les métiers de marchés

le 18/02/2010

C’est l’histoire d’un jeune financier qui a eu du flair. Christophe Mianné a 24 ans lorsqu’il intègre Société Générale comme vendeur options de change et de taux d’intérêt. On est alors en 1987 et le segment des options est en plein essor. Au sein de la banque au logo rouge et noir, ce département est piloté par Antoine Paille, « mentor » du jeune vendeur, qui va créer la puissante machine des dérivés actions. « J’ai ensuite découvert les warrants et j’ai eu l’idée d’émettre le premier warrant sur action en France (warrant Alcatel) », raconte le financier formé à l’Ecole Centrale de Paris. Puis en dix ans, il grimpe une à une toutes les marches de la banque de financement et d’investissement (BFI) de Société Générale : directeur de l’ingénierie financière au sein de la division options, directeur des ventes et du marketing dans la division dérivés actions et indices, adjoint du directeur de cette division en 1996.

Trois ans après, il est nommé directeur mondial de la division dérivés actions et indices de Société Générale CIB. Début 2007, Jean-Pierre Mustier, alors directeur général adjoint de la BFI, décide de réorganiser l’entité. « C’est alors qu’il me demande de créer la direction des marchés », se souvient Christophe Mianné. A la fin de cette même année, il est nommé responsable de l’ensemble des activités de marché de la BFI et devient l’adjoint de Jean-Pierre Mustier.

Mais quelques semaines après, la « bombe » Kerviel explose et commence le cauchemar de tout patron de BFI : la « fraude » d’un trader fait perdre près de 5 milliards d’euros à Société Générale. Aujourd’hui, deux ans après l’événement et à quelques mois du procès qui devrait se tenir en juin prochain, le spécialiste des marchés ne souhaite plus évoquer cette affaire. Elle a pourtant coûté cher à certains dirigeants de la banque qui l’ont quittée depuis. Mais Christophe Mianné, lui, y a survécu. Est-ce parce qu’il a exercé toute sa carrière chez Société Générale, dont il a contribué à porter la BFI au sommet sur les dérivés actions ? « Dans les métiers de la BFI, un manager doit posséder une capacité à décider rapidement, développer et transmettre à ses équipes un esprit d’innovation et de différenciation, être dynamique, savoir dire non, cultiver une philosophie internationale… », indique uniquement le jeune banquier de 45 ans, bien résolu à tourner la page « Kerviel ».

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